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L'évolution des espèces (ou évolution biologique) est d'abord une idée que l'on peut qualifier de concept1 et non pas de théorie2. |
1
un concept
est une construction logique qui
permet de relier des connaissances scientifiques: c'est une
notion qui n'est pas figée, mais qui évolue en
fonction des découvertes ... 2 une théorie est un ensemble (± figé) d'explications à la lumière desquelles on interprète les données expérimentales ; on utilise actuellement plutôt les mots de paradigme (d'après Kuhn, en insistant sur l'aspect social et provisoire) ou de modèle (en insistant sur l'aspect construit par l'homme ou hypothétique-spéculatif). Lorsqu'une théorie est inefficace pour expliquer de trop nombreux faits, on l'abandonne et on prend une autre théorie. Une théorie n'est pas fausse ou vraie, elle est utilisée actuellement ou a été utilisée ou n'est pas utilisée. Une autre théorie: la théorie cellulaire À mon sens, étant
donné le profond accord des scientifiques sur cette
idée on ne peut plus parler de théorie
sauf pour désigner telle ou telle conception des
mécanismes de l'évolution
(voir plus
bas). 3
On notera que l'évolution
n'est pas une évolution des individus, mais
des espèces |
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(voir La naissance du transformisme, Lamarck, entre Linné et Darwin, Goulven LAURENT, Collection inflexions, Vuibert/Adapt, 2001) |
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Remarques: |
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4 le vocabulaire du mathématicien René Thom est expliqué sur la page des 4 causes. |
Une espèce biologique est la forme à laquelle appartient un être vivant de par sa naissance à partir d'un autre être vivant. |
Cette formulation repose sur une
représentation de la
vie comme un
continu (prégnance,
avec le vocabulaire de Thom4)
dont émergent
les vies individuelles,
discrètes (saillances)
(voir opposition continu-discret sur une
page spéciale).
L'espèce représente donc en
biologie la notion de vie continue.
L'espèce survit à la mort de ses
représentants (pas de tous sinon elle
s'éteint). Dans ce cas les espèces ne
disparaissent pas au cours des temps géologiques,
mais se transforment. |
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L'évolution c'est la durée de l'espèce. |
Avec la vision bergsonienne du temps comme durée (conscience), la vie de l'espèce, son temps qui dure ("un jaillissement perpétuel de nouveauté"), c'est l'évolution. Plutôt qu'une histoire (faite d'événements), c'est une dynamique, qui laisse la place à des interprétations moins matérialistes. |
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Refuser l'évolution... ... ou non |
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Le fixisme n'est pas vraiment une théorie qui se serait constituée à partir d'arguments (notamment scientifiques) c'est le refus du concept d'évolution. On ne peut parler de fixisme qu'une fois que l'idée d'évolution (de transformisme) a été émise et donc à partir de la fin du XVIIIème siècle. Un des scientifiques les plus illustres qui a combattu cette idée d'évolution était Georges CUVIER (1769-1832). En ce début du XXIème siècle, seuls quelques groupes refusent l'évolution, pour des raisons qui sont le plus souvent fondées sur un refus de voir l'homme comme une espèce animale qui dériverait d'une autre espèce. Des motivations religieuses les poussent ce qui conduit à des amalgames plus ou moins volontaires. |
On qualifie de
créationnistes certains groupes qui refusent
l'évolution et s'attachent à une
lecture littérale du récit de la
création dans la
Bible.
Ni les catholiques ni les musulmans (pour ce que j'en sais... et surtout si l'on peut parler d'une position commune des ces fidèles, ce qui est loin d'être sûr...un lien) ne sont créationnistes. Sans renier la certitude d'une profonde différence de la nature humaine avec celle des autres organismes vivants et de l'enracinement de sa dignité dans sa relation à son Créateur, ils pensent que le concept d'évolution est fécond dans le domaine de la biologie et peut être employé sans risque de confusion avec les vérités de leur foi. Les tenants de l'intelligent design (voir page sur les 4 causes) ne sont pas non plus des créationnistes (même si des créationnistes peuvent essayer de récupérer cette théorie qui s'apparente à une théologie naturelle - connaissance de Dieu sans le secours de la foi-), malgré certaines affirmations de personnes pas toujours bien intentionnées (voir N.B. ci-contre). |
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Médisances...
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partie
1: Qu'est-ce
que l'évolution -
partie 2 :
Les théories de
l'évolution
(Lamarck,
darwinisme,
théorie
synthétique,
courants
et nouvelles
théories)
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1 - La
première théorie évolutive, due
à Lamarck, est élaborée au sein d'une
philosophie matérialiste et
vitaliste
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Voir ancien cours de terminale S |
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![]() Jean-Baptiste Monnet, chevalier de Lamarck (1744-1829)
Pour tous ceux qui désespèrent de voir un jour les mythes céder la place à une histoire, une introduction à la connaissance de Lamarck par les historiens des sciences: Célébrer Lamarck, 1994, Pietro Corsi un texte datant de 1960 écrit par Pierre-Paul Grassé: Lamarck, Wallace et Darwin, Revue d'histoire des sciences et de leurs applications , 1960, 13-1, pp. 73-79 |
Lamarck... Lamarck, parallèlement à son uvre de naturaliste, a développé une philosophie matérialiste vitaliste évolutionniste (la science est connaissance des phénomènes matériels et la vie est mécanisme évolutif (de complexification); on notera que ce n'est que bien plus tard que le vitalisme sera associé à un courant spiritualiste). Lamarckisme... |
* on ne peut pas parler de théorie de l'hérédité à l'époque de Lamarck (voir page spéciale): les théories en vogue sont des théories de la génération comme celle de Buffon. L'histoire des sciences les englobe parfois dans l'appellation "théories de l'hérédité des caractères acquis" de façon inexacte. Cette formulation désigne une vision courante à l'époque selon laquelle «les êtres vivants transmettent à leurs descendants les caractères qu'ils ont acquis durant leur existence par l'usage ». |
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sur la naissance de l'évolution dans les théories de la biologie, écoutez la conférence d'André Pichot du jeudi 11 mars 2004 à destination des étudiants de l'ENS Lyon: Histoire des théories biologiques (Comparaison et articulation des explications mécanistes, chimiques, et historiques en biologie) |
De nombreux ouvrages de
Lamarck sont téléchargeables gratuitement
à l'adresse: http://www.lamarck.cnrs.fr/?lang=fr
dont Philosophie
zoologique, 1809; |
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2. L'uvre
de Darwin va donner naissance à un courant
(darwinisme) d'où émergera une nouvelle
théorie de l'évolution
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![]() Sir Charles Darwin (1809-1882) à recommander pour
certains articles (mais pas pour tous, loin de là:
Peter Bowler à fuir) L'héritage
Darwin,
Dossier La
Recherche, 33, nov 2008 Page sur le darwinisme moderne extrait de l'Histoire de la notion de vie, André Pichot, Gallimard, 1993
L'origine des
espèces, C. Darwin; le texte intégral
d'une traduction française d'une édition de
1896 - fichier .rtf compressé (491ko) - peut
être téléchargé à
l'adresse ftp://ftp.ac-toulouse.fr/pub/
philosophie/
darwinoriginedesespeces.zip
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Darwin...
Wallace... |
![]() Charles Darwin en 1860 (51 ans, l'année suivant la première publication de L'origine des espèces) ** Lorsque Darwin s'efforce de comprendre
l'ascendance commune, le concept
d'hérédité est développé
depuis 1820-1850. Sans souci d'innovation, il propose comme
hypothèse ce que l'on nomme la Pangenèse:
« les caractères acquis créaient dans
le corps des «gemmules» qui transmettaient ces
modifications dans les cellules
reproductrices ».
(La naissance du transformisme,
Lamarck, entre Linné et Darwin, Goulven
LAURENT, Collection inflexions, Vuibert/Adapt, 2001, p
131) La théorie de la sélection naturelle s'est progressivement formée dans l'esprit de Darwin avec 2 points clés selon Hodge1 : - il se résout à considérer que la sélection naturelle est semblable à la sélection artificielle des éleveurs-sélectionneurs; - il finit par considérer que les variations aléatoires (merle blanc...) loin d'être neutres, pourraient être la clé de légers avantages sélectifs. Selon André Pichot « le darwinisme de 1859 ne consiste guère qu'en la sélection naturelle. Or, celle-ci n'était plus vraiment une nouveauté au milieu du XIXe siècle. On trouve par exemple ce concept en 1813 chez William Charles Wells puis, en 1831, chez Patrick Matthew, qui accusera Darwin de plagiat. On sait aussi qu'Alfred Russel Wallace en avait conçu une version comparable à celle de Darwin en même temps que celui-ci. Sans oublier le pasteur, géologue et politologue Joseph Townsend, dont Darwin a quasiment recopié les thèses en ce domaine ».source dossier CNRS). Après tant de débats (les origines sociales de la théorie, l'interprétation des écrits de Darwin, la sélection naturelle de Wallace, le retour à l'eugénisme de Galton...), je ne suis pas sûr que chaque auteur n'utilise pas ce mot dans des sens différents. Il me paraît cependant être une causalité donnant une direction à l'évolution : le milieu (pression sélective du milieu) sélectionne les individus les plus aptes (non pas comme projet intelligent, mais comme contrainte aveugle). Certains scientifiques appliquent ce principe du cosmos jusqu'aux molécules, dont l'organisation spatiale et structurelle peut-être vue comme une adaptation-sélection. La causalité est alors diluée dans les mécanismes physico-chimiques décrivant le réel. On est alors vraiment dans le cadre d'une philosophie mécaniciste, ce qui est une idée opposée au darwinisme (et que Darwin a combattu). Pour des détails voir ci-dessous, des textes annexes sur la sélection naturelle et surtout les textes de G. Canguilhem, notamment le vivant et son milieu qui pose à mon avis le vrai problème épistémologique: «Chez Darwin, on peut dire que le finalisme est dans les mots (on lui a assez reproché son terme de sélection) il n'est pas dans les choses. Chez Lamarck, il y a moins finalisme que vitalisme.»
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Darwinisme... + la théorie de l'évolution qui se constitue progressivement comporte deux points majeurs : couple "variation aléatoire/sélection naturelle" et séparation "hérité stable/acquis variable". C'est ce second point qui a été développé par August Weismann qui pourrait être qualifié d'auteur principal du darwinisme (et le courant darwinien moderne pourrait être appelé weismannisme):
+ l'école anglo-saxonne donnera la biométrie, avec les travaux de Galton... puis la génétique des populations fondée sur la sélection naturelle; + l'école allemande est fondée par Haeckel. Il invente la récapitulation (loi de Fritzmuller : "l'embryogénèse récapitule la phylogénèse") et l'hérédité qu'il place dans le noyau, germe de la cristallisation (théorie cellulaire de Schleiden). Les développements antireligieux d'Haeckel ne viennent pas de Darwin, bien plus prudent (et plein de contradictions...)... pour preuve le fait qu'il soit enterré à l'abbaye de Westminster. Le courant darwinien s'est développé en un paradigme qui est retourné dans la sphère culturelle et sociale, là où la sélection naturelle était née (pour avoir une idée des prises de position, même des historiens, écoutez les interventions de Jean Gayon (darwinien) et d'André Pichot (non darwinien) dans la première partie du débat: Un autre Darwin sur France Culture). Ce courant est encore actuellement dominant. Le darwinisme a eu aussi des
prolongements philosophiques
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Résumé: Hérédité,
évolution et
reproduction |
"darwinisme"
(weismannisme)
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3 -
Depuis le milieu du XXème siècle, une
théorie règne en maître : |
Qu'est-ce qu'une espèce ? |
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Cette théorie est celle à laquelle on se réfère lorsque l'on parle habituellement de darwinisme. Mais il existe d'autres courants (voir ci-dessous). |
C'est une théorie en perpétuel remaniement comme la théorie cellulaire, car elle consiste en fait en une fusion du darwinisme (au sens de courant darwinien ou weismannisme) avec des données du réductionnisme génétique. Surtout défendue par les écologistes qui travaillent sur le génétique des populations (école anglo-saxonne) et par certains phylogénéticiens molécularistes, elle n'est pas encore arrivée à intégrer les développements récents de la génétique et comporte des incohérences épistémologiques du fait qu'elle englobe parfois des thèses opposées (voir page sur l'hérédité). |
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Cette théorie n'a pu
se conforter que grâce à des modèles
d'êtres vivants très particuliers, à
partir desquels on a généralisé,
notamment le concept de mutation
génétique :
Escherichia coli, Drosophila melanogaster,
Cænorhabditis elegans... |
La spéciation
désigne les
processus, modalités et mécanismes de la
formation des nouvelles
espèces. Pour beaucoup de
biologistes l'espèce est la seule classification
naturelle des êtres vivants. La spéciation est
donc au cur de la compréhension de
l'évolution. |
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Théorie des équilibres ponctués |
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Stephen Jay Gould, N. Eldredge, S. M. Stanley, paléontologistes américains, ont proposé dans les années soixante-dix, un nouveau modèle d'évolution, dit des «équilibres ponctués» selon lequel l'apparition de nouvelles espèces est un phénomène «rapide» (à l'échelle des temps géologiques) et suivi de longues périodes de stabilité des formes (ou «stases») : on parle aussi d'évolution discontinue et saltationniste (ou encore buissonnante), par opposition à un modèle continu et gradualiste. Ce modèle permettait de réconcilier la macro et la microévolution qui divisaient les généticiens. Depuis la théorie synthétique de l'évolution préfère parler d'évolution buissonnante. |
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Neutralisme |
courte biographie (en anglais) Motoo Kimura |
Théorie selon laquelle les mutations sont "neutres" vis-à-vis de la sélection naturelle: elles ne se traduisent ni par un avantage, ni par un désavantage; la sélection naturelle ne fait qu'éliminer les mutations les plus nocives; la persistance ou l'élimination d'une modification génétique est aléatoire. L'environnement ne modifie pas la fréquence des mutations. |
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Malgré mes efforts, je ne suis pas arrivé à séparer les différentes branches de la génétique des différents courants évolutionnistes (certaines étant franchement orientées vers une théorie, d'autres étant plus ouvertes). Mais qui y arrive ? L'évolution est un concept unificateur et il est normal que la théorie d'alors se soit insérée dans les développements des différents champs de la biologie. Et puis, le poids politique de la génétique moléculaire au XXème siècle a laminé les oppositions. Présenter des voies alternatives pour l'évolution nécessite d'affronter le réductionnisme génétique à tous les niveaux d'organisation. |
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Sortir du carcan du darwinisme...
La Raison malmenée. De l'origine des idées reçues en biologie moderne, Gérard Nissim Amzallag, Préface d'André Pichot, CNRS Editions 2002, p159s
Page sur le darwinisme moderne extrait de l'Histoire de la notion de vie, André Pichot, Gallimard, 1993 |
De théorie nouvelle à théorie officielle, paradigmatique, le darwinisme est devenu un carcan qui empêche toute réflexion novatrice. Il est temps d'en sortir. Il est patent que le darwinisme comporte un aspect tautologique (voir ci-contre le texte de Waddington) et la sélection se pose comme un mécanisme explicatif a posteriori. Il me paraît important de savoir,
pour un élève, que le darwinisme induit une
déformation conceptuelle dans pratiquement tous les
domaines de la biologie. Peu d'articles n'ont pas de petit
chapeau introductif ou de phrase conclusive faisant
allégeance à la sélection naturelle au
cours de l'évolution, censée avoir
sélectionné tel ou tel gène, tel ou tel
caractère, à la suite d'une supposée
compétition. |
D'après Conrad Waddington, un grand théoricien de la biologie : «La sélection naturelle fut à l'origine considérée comme une hypothèse qui exigeait une confirmation expérimentale. À y regarder de plus près, elle se révèle être une tautologie, le simple énoncé d'une situation inévitable quoique auparavant ignorée. Il postule que les individus les mieux adaptés d'une population (identifiés en tant que produisant un plus grand nombre de descendants) laisseront effectivement plus de descendants derrière eux.» (C. H. Waddington, Evolutionary adaptations, 1960 cité in Amzallag, p 183-184) « Le cadre métaphysique [du darwinisme] ne peut être remis en question par l'expérience, tout simplement parce que c'est le cadre lui-même qui offre une possibilité scientifique des phénomènes observés. Les expériences ne peuvent donc, dans un tel contexte, que générer des théories toujours intégrables dans le cadre métaphysique». (Amzallag, ) 187, voir Qu'est-ce que la science ?) |
Karl Popper, un épistémologue de renom écrit : « ... la théorie de la sélection naturelle n'est pas une théorie scientifique que l'on peut mettre à l'épreuve, mais plutôt un programme de recherche métaphysique»; cela ne l'empêche pas, quelques pages plus loin d'affirmer « Bien qu'elle soit métaphysique, cette théorie éclaire énormément des recherches très concrètes et pratiques», ce qui est loin d'être justifié par le pouvoir prédictif de la théorie darwinienne. Karl Popper, La Quête inachevée, 1981. Il vous faudrait donc savoir utiliser le darwinisme, lorsqu'il paraît être une explication pertinente et vous en détacher lorsque les faits semblent ne pas cadrer avec son interprétation, ce qui est loin d'être facile, je vous le concède. |
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Pour ceux qui peuvent lire un petit article en anglais je suggère celui de James Shapiro: A Third Way (Alternatives to Creationism and Darwinism, 1997) dont les propos sont centrés sur les avancées concernant l'organisation et le fonctionnement du génome:
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The possibility of a non-Darwinian, scientific theory of evolution is virtually never considered. In my comments, then, I propose to sketch some developments in contemporary life science that suggest shortcomings in orthodox evolutionary theory and open the door to very different ways of formulating questions about the evolutionary process... We have progressed from the Constant Genome, subject only to random, localized changes at a more or less constant mutation rate, to the Fluid Genome, subject to episodic, massive and non-random reorganizations capable of producing new functional architectures... The present debate over Darwinism will be more productive if it takes place in recognition of the fact that scientific advances are made not by canonizing our predecessors but by creating intellectual and technical opportunities for our successors.
Voir aussi sa dernière publication: Revisiting the Central Dogma in the 21st Century, lecture presented to a
workshop on Natural Genome Engineering & Natural Genome
Editing, Salzburg, July 2-6, 2008 (in press in a volume of
the Ann. NY Acad. Sci. with the same name edited by Guenther
Witzany and Erich Hamberger) |
La possibilité d'une théorie scientifique non darwinienne de l'évolution n'est quasiment jamais évoquée. Dans mes commentaires, je propose donc d'esquisser les traits de quelques développements récents dans les sciences de la vie qui suggèrent des carences dans la théorie évolutive orthodoxe et ouvre la porte à des manières fort différentes de poser le problème des mécanismes évolutifs.... Nous sommes passés du Génome Stable, sujet des seuls changements locaux dus au hasard, avec un taux de mutation plus ou moins constant, à un Génome Fluide, sujet à des réorganisations occasionnelles, massives et orientées, capables de produire de nouvelles architectures fonctionnelles. ... Le débat actuel au sujet du darwinisme serait davantage productif s'il reconnaissait le fait que les avancées scientifiques se font davantage lorsque l'on crée des opportunités pour nos successeurs plutôt que lorsque l'on canonise nos prédécesseurs. |
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Avec les nouveaux programmes de la classe de seconde c'est presque uniquement sur cette biologie des populations que l'enseignement de l'évolution repose. Le décalage entre l'enseignement et la recherche est ici synonyme non pas de prudence mais de passéisme. |
L'écologie, et surtout l'écologie populationnelle, dopée notamment par la prise de conscience médiatisée du changement climatique, est en passe de devenir une vraie écologie évolutive... pour témoins, les innombrables thèses dans ce domaine encore fort délaissé il y a 10 ans. Cependant, il existe aussi un danger de voir ce renouveau sombrer dans le "génétisme" ambiant si les écologistes évolutifs se cantonnent aux théories génétiques d'il y a 20 ans (une conception rigide du gène et de la liaison génotype-phénotype, le plus souvent enseignée) sans s'intéresser aux nouveaux modèles, stochastiques ou basés sur de l'émergence à partir de réseaux... Le décalage est flagrant et dépasser la théorie synthétique de l'évolution est un enjeu majeur pour l'écologie évolutive. |
Autre
regard: |
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L'évo-dévo se présente comme la synthèse de la biologie évolutionniste (phylogénétique) et de la biologie du développement
Ron Amundson , Le retour de l'embryologie, La Recherche, Dossier 33, nov 2008, pp78-83; une présentation qui me paraît être bien incomplète et dépassée |
Ron Amundson place la naissance de
l'évo-dévo vers l'année 2000, lors de
la création d'un département "biologie
évolutionniste du
développement" au sein de
la société américaine de biologie
intégrative et comparative (SICB). Denis Duboule annonce le déclin de l'évo-dévo face à la synthèse postdarwinienne à moins qu'elle n'éclate lors de la séparation entre la génétique et l'évolution (voir figure et lien vers la conférence de 2006 ci-dessous). |
Cette présentation de Ron Amundson ne reflète pas forcément la situation en France, en tout cas on est loin de ressentir cette bipolarité évo-dévo/théorie synthétique. Il est possible que les récents
développements de la génétique du
développement aient facilité une sorte de
mélange entre les vues des généticiens
synthétiques (plus par défaut que par
conviction) et celles des embryologistes (qui ne regardent
plus la sélection naturelle comme une théorie
réservée aux populations). |
De même, c''est avec une certaine circonspection que l'on peut regarder les développements molécularistes de l'embryologie de la fin du XXème (voir Biologie du développement, S.F. Gilbert, De Boeck, 2004). Ce que Ron Amundson appelle biologie évolutionniste se résume bien souvent à l'intégration, dans les phylogenèses, des séquences d'ARN ou d'ADN, de gènes supposés intervenir dans le développement (réf. pp81-82). Comme l'admet le philosophe, on est encore loin de l'intégration entre ce qu'il nomme "génétique des populations" et évo-dévo. Il semble s'agir bien davantage d'une phylogénétique moléculariste plutôt que d'une biologie évolutive que je verrais plutôt être dans le champ de recherche d'une Rosine Chandebois ou, plus récemment, d'un Vincent Fleury (voir autres théories) : je pense par exemple aux recherches de biomécanique qui, justement, s'efforcent d'intégrer des mécanismes évolutifs au niveau des cellules et des tissus, et non plus au niveau moléculaire (gènes). |
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Parmi les personnalités qui, sans bâtir une théorie, ont favorisé l'émergence de nouvelles théories, je veux citer un auteur: |
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![]() Pierre-Paul Grassé photo A. R. Devez (http://www.univ-bpclermont.fr/ASSOC/gplf/grasse-6.jpg) |
Une des idées fortes, tout à fait d'actualité, de Pierre-Paul Grassé est que l'« évolution actuelle se limite à la spéciation » (quelques détails sont donnés dans l'ancien cours de terminale S, d2) L'évolution du vivant, P.P. GRASSE, 1978, Ed. Albin Michel, Paris |
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Thèses: L'évolution c'est l'histoire de ces réseaux génomiques et épigénomiques. Chaque niveau d'organisation du vivant voit ainsi émerger des structures stables (réseaux d'interactions) qui définissent le vivant et sont en permanente coévolution avec le milieu. |
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Les sciences
expérimentales ? |
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Page sur le darwinisme moderne extrait de l'Histoire de la notion de vie, André Pichot, Gallimard, 1993 |
Cette théorie (qui est plus une théorie du vivant qu'une théorie de l'évolution), en cours de formulation, reprend les données les plus modernes de la génétique, où le fonctionnement ordonné de l'être vivant ne naît plus d'une succession de causes, qui agissent toujours, mais résulte de la combinaison de déterminisme et d'indéterminisme. La connaissance complète du génome n'est plus considérée comme suffisante pour comprendre le vivant. L'évolution est toujours une
microévolution génomique
intraspécifique.
6 le mot de "supersynthèse" est employé par A. De Ricqlès dans l'E.U. (article "Théorie synthétique") |
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Cependant, l'opposition soutenue par Duboule entre une évolution linéaire et un développement récurrent ne tient pas forcément si l'on ne considère pas l'évolution comme une mémoire (ce que font les darwiniens) mais comme une histoire (voir hérédité-reproduction). C'est l'enjeu épistémologique d'une théorie de l'évolution-phénomène qui repose sur une causalité, (mais non pas sur un déterminisme, forcément expérimentable). |
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Les promoteurs de ce
courant d'idées se considèrent darwiniens. |
Oui : il s'agit clairement encore des thèses "darwiniennes" issues de l'école allemande, et reprises par la théorie synthétique, en ce qui concerne le rôle donné au hasard comme cause de la variation, ou même de l'émergence (bien qu'il n'y ait pas de théorie de la variation dans le darwinisme autre qu'une variation héréditaire par reproduction différentielle (voir ci-dessus); il s'agit donc encore d'un avatar du weismannisme). Non; la nouvelle sélection naturelle n'est plus "darwinienne" (au sens de la théorie synthétique (qui prolonge l'école weismannienne allemande), mais peut-être est-on plus proche de la pensée de Darwin); ce n'est plus une "force exogène", une "puissance" (power, voir ci-dessus la conférence de Jean Gayon) - en fait, c'est le concept qui change de sens. Les contraintes qualifiées de sélectives agissant sur chaque niveau d'organisation du vivant sont clairement internes et structurales et non plus extérieures à l'organisme (même si ces dernières peuvent jouer). La sélection devient une coévolution; on pourrait l'appeler adaptation. Il est regrettable que l'on utilise le terme de contrôle épigénétique pour tous les mécanismes agissant à un autre niveau que le niveau moléculaire. C'est leur faire bien peu de place que de les réduire à un rôle de contrôle d'un niveau génétique qui resterait primordial (l'abandon de l'idée de programme génétiquement déterminé (ou indéterminé) sera difficile). |
Cette théorie est postdarwinienne Il est encore peu fréquent de rencontrer le mot postdarwinisme pour désigner ce courant et je suis bien en peine, en tant que professeur du secondaire, d'en donner une définition autorisée. Les sources internet se réfèrent à ce courant sous des aspects bien divers: indéterminisme (http://ww. humanite.fr/ journal/ 2005-07 -07/2005-07 -07-810130) , non-darwinisme (http://www. stoqnet.org/ materials/ staune_ dispense.pdf), groupe d'Osaka de dynamique des structures qui est plus dans le cadre d'une biologie théorique (http://www.mclink.it/ personal/ MH0077/ILabirintiDellaRagione /labirinti%201/ Sermonti%202.htm). |
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Définition du postdarwinisme: La proposition de synthèse de Kull (1999) http://www. zbi.ee/~ kalevi/postdarw.htm reprend les points suivants : (1) le processus principal postdarwinien est la symbiose et la concorde (même si la compétition peut parfois survenir ensuite), tandis que pour le néodarwinisme c'est la compétition (de laquelle émerge parfois la symbiose) ; (2) le principal élément évolutif néodarwinien est la mutation de l'ADN et la distribution du nouveau mutant (allèle) dans la population, tandis que pour le pour le postdarwinien c'est un changement ontogénétique (un changement dans l'utilisation de la mémoire génétique), qui plus tard est suivi de la fixation stochastique (au hasard) dans la mémoire génétique (que l'on pourrait résumer en un «oublier ce qui ne sert pas») ; (3) celui qui fait le choix, est l'environnement, pour le néodarwinien, alors que c'est l'organisme lui-même, pour le postdarwinien; (ceci est une remise en cause de la sélection naturelle) (4) pour un néodarwinien l'ADN (ainsi que l'environnement) est la cause déterminante de toute structure et par là même du comportement de l'organisme, tandis que pour le postdarwinien l'ADN est comme un thesaurus, ou un vocabulaire dont l'organisme tire les éléments nécessaires. (5) pour un néodarwinien, le rôle principal de la reproduction sexuée est de fournir de nouveaux variants génétiques, tandis que pour le postdarwinien la reproduction sexuée fonde aussi : (a) la création des espèces, et (b) l'oubli de ce qui ne sert pas, c.-à-d. la fabrication de la mémoire génétique dynamique ; (6) globalement, le néodarwinisme peut être considéré comme un cas particulier restreint du postdarwinisme. La synthèse de Jean Chaline: Quoi de neuf depuis Darwin ? La théorie de l'évolution des espèces dans tous ses états, Ellipses, 2006 semble être une réflexion érudite profonde... |
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Le hasard au cur
de la cellule (sous la
direction de Jean-Jacques Kupiec
(biologiste moléculaire,
Inserm et Centre Cavaillès, ENS
Paris), Olivier Gandrillon
(biologiste moléculaire,
université Lyon 1), Michel
Morange (biologiste
moléculaire, historien et philosophe de la biologie,
ENS Paris, université de Paris 6)
et Marc Silberstein
(éditeur),
ouvrage numérique (PDF) disponible dans une nouvelle
version 2011 au éditions
matériologiques.
(je suis partisan d'aider à
une diffusion aux étudiants et enseignants d'une
version allégée :
sitepst(arobase)aliceadsl.fr).
Le
postdarwinisme ne s'attaque pas au hasard. |
Un biologiste, plutôt postdarwinien, comme J-J Kupiec (avec sa théorie probabiliste), se qualifie lui-même de darwinien, probablement pour minimiser la rupture que sa vision suggère (il se réfère à la sélection naturelle... mais nouvelle formule, sans le dire explicitement). Pour le hasard le titre de son livre montre probablement son positionnement soit dans la lignée darwinienne antireligieuse d'Haeckel (voir André Pichot, articles accessibles), soit dans le scientisme moderne ou encore dans le subjectivisme de bon ton qui cantonne la foi au domaine privé subjectif (voir page sur la science). |
Jean-Jacques Kupiec a été très médiatisé à l'occasion de son livre coécrit avec Pierre Sonigo : Ni Dieu, ni gène (voir par exemple le commentaire qu'en fait Jean Gayon pour le magazine La Recherche). Voir aussi dans le même magazine l'article : Pour une biologie moléculaire darwinienne (LR, 296, mars 1997). Son nouveau livre: L'origine des individus, 2008, Fayard, version anglaise 2009 |
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En travaux |
5.2 - L'autonomie du vivant Les tentatives les plus novatrices dans le débat sur les mécanismes de l'évolution font toutes référence, soit aux grandes avancées épistémologiques sur la spécificité de la biologie par rapport à la physique, soit à l'importance des mathématiques dans cette refondation. Certains auteurs se considèrent darwiniens d'autres non. |
Pour une bibliographie éclairée, je conseille: http://netmc.9online.fr /AdV/Bibliographie.html |
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Du côté des philosophes : |
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Travaux d'André Pichot autonomie = lois propres du vivant = "non-relation globale à l'environnement directement selon les lois physico-chimiques" |
André Pichot, épistémologue et historien à l'université de Nancy 2, a engagé une réflexion pour dépasser les incohérences du darwinisme en s'attaquant de front au problème de la spécificité du vivant. Ses thèses sont présentées simplement dans la conclusion de son livre: Histoire de la notion de vie, Gallimard, 1993; qui s'intitule: La notion de vie aujourd'hui. Extraits: |
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Du côté des biologistes : |
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Les grands médias commencent à rendre compte d'autres théories de l'évolution qui, souvent, ne sont que des vues partielles : elles ne sont pas intégrées dans un schéma général et ne sont pas incompatibles entre elles. Ces théories sont aussi encore très pauvrement documentées... du fait de leur faible diffusion. |
Travaux de Rosine Chandebois la progression autonome |
Comment les cellules construisent l'animal, Rosine CHANDEBOIS, 1999, Phénix éditions, Paris (voir page de présentation); cet auteur revendique son non-darwinisme. Le gène et la forme (ou la démythification de l'ADN), Rosine CHANDEBOIS, 1989, Ed. Espaces 34 |
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Travaux de Nissim Amzallag la dissociation autonome |
L'homme végétal : pour une autonomie du vivant, Gérard Nissim AMZALLAG, Albin Michel, 2003 (préface de Bernard Werber); cet auteur se sépare franchement des darwiniens ou postdarwiniens, sans en faire un cheval de bataille (il a mieux à faire). |
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Du côté des physiciens : |
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Travaux de Vincent Fleury l'enroulement autonome |
De l'uf à l'éternité - Le sens de l'évolution, Vincent Fleury, Flammarion, 2006 (site personnel); on notera que cet auteur se range lui-même parmi les darwiniens... je crois qu'il serait plutôt postdarwinien, mais il est clair que son apport se situe bien au-delà d'un clivage darwinien/non-darwinien. |
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Du côté des mathématiciens : |
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* il y a d'abord le travail fondateur de René Thom que je me suis efforcé d'intégrer à mes pages (voir modèles thomiens en SVT). ![]() René Thom (Photo extraite du CDRom des uvres complètes de René Thom publié par l'IHES: http://www.ihes.fr/jsp/site/Portal.jsp?page_id=217 ) |
* ensuite, il suffit de consulter les offres de postes et sujets de recherche en biomathématiques pour ce convaincre des changements amorcés * ... le travail de liaison entre la biologie et toutes les autres sciences a aussi été mené avec constance par la Société Francophone de Biologie Théorique * enfin, il n'est plus
rare de trouver des mathématiciens ou des physiciens
qui osent s'aventurer dans l'épistémologie
biologique. |
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En guise d'ouverture finale je voudrais citer le travail toujours actuel d'un philosophe qui a eu l'audace de s'essayer à dépasser le cartésianisme et à construire une métaphysique, au sens de science universelle de l'être, non pas à partir de la matière des physiciens ou des mathématiques, mais à partir de la biologie: une métaphysique vraiment scientifique, expérimentale ou plutôt empirique, fondée sur le temps du vivant ou durée, perpétuel jaillissement de nouveauté (le temps et la durée). |
L'évolution créatrice, dont nous avons fêté en 2007, le centenaire de la publication, est la clef de voûte de son uvre. C'est un livre très accessible. Bergson emploie un vocabulaire courant et ne livre au public que des pensées simples. Il ne présente pas, bien sûr, de théorie de l'évolution (des mécanismes), mais fait de l'évolution le phénomène majeur de toute connaissance du monde et de l'homme. À ce sujet, il est intéressant de noter que, lors de la publication de son ouvrage, c'est le mot "évolution" qui surprenait, alors que, maintenant, c'est bien "créatrice" qui surprend. Pour Bergson la création est l'activité même de toute vie. Henri Bergson,
L'évolution créatrice, 1907 |
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