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Qu'est-ce qu'une cause
?
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Un exemple
simpliste de recherche de causes
Pourquoi
un élève a-t-il eu une mauvaise note en SVT ?
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La cause c'est
"ce qui est à l'origine de quelque chose"; "ce qui
fait qu'une autre chose est"; "ce qui justifie l'existence
d'autre chose"; "ce pourquoi une autre chose est"....
C'est sur la causalité en science que repose toute
démonstration expérimentale, toute preuve
scientifique.
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Comme tout
propos de philosophe - et chez Aristote, qui était
tout sauf un dictateur de la pensée, plus que tout
autre - ceci est non une définition
mais un appel à
réfléchir. A mon avis ces 4 causes
n'ont jamais été dépassées et
sont toujours actuelles. L'exemple
ci-dessous est vaguement inspiré de René Thom
(1987f10 p 3).
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1- parce que
son stylo plume est tombé en panne; parce qu'il est
arrivé en retard;
2 - parce que sa copie ne comporte que très peu de
questions correctement traitées; parce que
l'enseignant était fatigué et s'est
trompé dans sa correction
3 - parce que l'élève n'a pas assez
travaillé; parce qu'il n'avait pas compris; parce
qu'il se désintéresse de la matière;
parce qu'il pense à autre chose pendant les
cours...
4 - parce qu'il souhaite devenir poète et que les SVT
ne lui paraissent pas fondamentales (ce en quoi il fait
preuve d'étroitesse d'esprit, fort suspecte chez un
futur poète...)
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On peut
classer toutes ces causes en 4 groupes. Plus on
s'éloigne du fait dont on recherche la
causalité, plus on progresse dans la profondeur de
l'explication mais moins les liens peuvent paraître
clairs. On pourrait peut-être relier le premier type
d'explications à une causalité
matérielle; le second à une causalité
formelle; le troisième à une causalité
efficiente et le quatrième à une
causalité finale.
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Plan
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Annexe:
une illustration
issue du cours de 1èreS sur les fonctions locales et
les fonctions globales des enzymes
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1 - Il
y a quatre
causes qui
structurent le mouvement de l'Univers
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les 4
causes
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découvreur
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cette cause répond
à une question
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matérielle
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Milésiens
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D'où provient une
chose et de quoi est-elle faite?
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formelle
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Éléates
et Pythagore
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Quelle est sa forme ou le
modèle qu'elle imite?
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Aristote
ne revendique que la 4ème comme sa propre
découverte.
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efficiente
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Anaxagore
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Quel est le principe ou le
mouvement qui lui a donné naissance?
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finale
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Aristote
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Dans quel but a-t-elle
été faite?
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2 -
Deux exemples pour comprendre ... et un peu de
vocabulaire thomien expliqué
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* dans cette exemple je
choisis, comme souvent, le niveau cellulaire comme le niveau
hiérarchique premier du vivant. C'est un
choix.
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un exemple en
sciences de la vie*
J'ai
les yeux
bleus...
pourquoi ?
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formulations de
René Thom
(1983f7.pdf p 9 et 1983f12.pdf )
voir sous le tableau une définition des mots
signalés par des
astérisques
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un exemple en
sciences physiques
Une
pierre lancée en l'air
retombe... pourquoi?
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cause
matérielle
D'où
provient une chose et de quoi est-elle faite?
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parce que
s'accumule, dans le cytoplasme des cellules
pigmentées de mes iris, une quantité
relativement faible de
mélanine;
cette cause matérielle est elle-même sous la
dépendance des gènes des enzymes qui
synthétisent
et stockent la mélanine
(et de ceux de
toutes les protéines et ARN impliqués dans la
synthèse de mélanine et de sa
régulation) et de tant d'autres
caractéristiques chimiques de la cellule
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la cause matérielle
s'explique par les limitations liés au substrat lors
de la réception d'une prégnance*** dans
une forme saillante**
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parce
qu'elle est un objet
pesant
(forme
saillante*)
dont la masse peut être
mesurée comparativement à d'autres masses par
une balance
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cause
formelle
Quelle est sa
forme ou le modèle qu'elle imite?
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du fait
du nombre de cellules pigmentées et leur
répartition dans mes
iris; ces deux
facteurs dépendant de paramètres
embryologiques et évolutifs pour l'instant fort mal
décrits; c'est l'ambition d'une biologie
théorique de décrire cette causalité de
façon mathématique tout comme les deux types
de causalité suivantes
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la cause formelle est
indissociable de l'approche structurale (toute taxonomie des
formes repose sur cette causalité); elle devrait
s'interpréter comme un conflit de
prégnances***
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parce que
son poids est supérieur aux forces de frottement dans
l'air, suffisantes pour la ralentir mais pas pour la
maintenir en l'air... parce que le lanceur n'a pas
lancé suffisamment fort cette pierre (on imagine
qu'une force surhumaine pourrait la faire sortir du champ de
gravité terrestre)
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cause
efficiente
Quel est le
principe ou le mouvement qui lui a donné
naissance?
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parce que
chaque cellule synthétise à chaque instant
telle quantité de pigment; parce que chaque cellule
vit (elle se nourrit, est en relation avec d'autres et est
issue d'une reproduction);
ce type de contrôle est de nature
épigénétique au sens actuel du
mot
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cette causalité
représente l'investissement d'une forme
saillante** par une prégnance***
ou encore le transfert d'une prégnance*** d'une forme
source à une forme induite
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parce
qu'elle est située dans un champ de
gravité (prégnance*)
et
présentant une énergie potentielle gravifique
et une énergie cinétique
(l'énergie
cinétique -qui diminue puis change de signe et
augmente - est insuffisante pour s'opposer longtemps
à l'énergie gravifique - qui augmente
faiblement puis change de signe et diminue
faiblement)
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cause
finale
Dans quel but
a-t-elle été faite?
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les cellules pigmentaires de
l'iris sont considérées comme
protectrices
puisqu'elles arrêtent les rayons lumineux pour ne
laisser passer que les rayons les plus proches de l'axe
optique (voir
la
vision);
il y a donc une finalité biologique directe mais qui
n'explique pas les variations de couleurs de l'iris; pour
cela il ne faut pas hésiter à faire appel
à la
beauté (à
l'harmonie si l'on préfère, en affirmant que
la beauté est dans la diversité),
la
séduction
(d'un partenaire) ou tout autre paramètre qui, pour
n'être pas matériel n'en est pas moins
explicatif et biologique; on peut aussi considérer
qu'elle est le résultat d'un
mécanisme
de variation intrinsèque au
vivant
(darwinien).
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c'est l'émission
de prégnances*** par l'être vivant (c'est
le phénomène vivant)
|
|
deux
causes se superposent car il faut scinder le
phénomène en deux:
- l'action humaine,
inséparable du temps et que l'on voit surtout
à la montée de la pierre (la pierre
monte parce que l'homme la lance)
- l'attraction universelle (deux masses
s'attirent l'une l'autre, la masse de
la pierre est attirée par la masse de la
planète et réciproquement), hors du
temps, que l'on voit surtout à la
descente.
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3
- Remarques sur les formulations thomiennes
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exemples de formes saillantes et prégnantes
(d'après
1983f7.pdf , p11)
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définitions
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physique
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chimie
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biologie
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**
Une saillance est le caractère d'une forme qui
se sépare de son fond continu par une
frontière parfaitement nette et bien
définie
(1991f3 - p
2)
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la matière (en
tant que corps matériel) à ses
différentes échelles d'observation
(particules, atomes, molécules, objets), les
phases (en tant qu'états locaux de la
matière : solide, liquide, gaz, plasma...)
|
|
les molécules,
les complexes moléculaires
étudiés sous l'angle de la chimie (virus,
complexe enzymatique, membrane, ribosome,
mitochondrie...)
|
|
les organismes
vivants, les organes, les cellules (et les
systèmes cellulaires intracytoplasmiques
étudiés sous l'angle de la biologie:
chaînes enzymatiques, chromosomes, ribosomes,
membranes, mitochondries...)
|
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|
***
La prégnance est le caractère d'une
forme biologiquement significative (prégnance
répulsive ou attractive)
(1991f3 - 4)
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les champs, les
vitesses (cinématique) ou les forces
(mécanique), la température
(thermodynamique)... prégnances que l'on peut
qualifier aussi d'énergie sous ses
différentes formes
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les potentiels
d'interaction locale
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les principales
fonctions globales du vivant - qui ont
été appelées travail dans ces pages - :
travail de nutrition, travail de relation et
travail de reproduction ; qui se traduisent par des
mouvements (une dynamique)
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Thom voit dans le progrès scientifique
(qui reconnaît surtout la causalité efficiente)
l'objectivation d'une prégnance
subjective; il cite l'exemple du moment
cinétique, grandeur objective (conservée lors
d'un choc entre deux boules par exemple..,
propriété que l'on relie à l'invariance
par symétrie galiléenne...), trouvée
par empathie du scientifique qui se met
tantôt à la place du sujet (la boule en
mouvement), tantôt à la place de l'objet (la
boule immobile qui ... acquiert un mouvement). (in
esquisse.pdf, p 43 et pp47-48). Voir l'empathie comme moteur
de l'esprit scientifique est quelque chose qui me
plaît infiniment. Dans cet exemple, la
prégnance objective est le moment cinétique et
les prégnances subjectives sont les qualités
d'agent ou de patient que prend le sujet (la
boule).
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|
Les saillances où
la prégnance possède une intensité
maximale sont dites formes-sources. On peut
représenter la prégnance comme une courbe en
puits de potentiel, les formes sources étant aux
niveaux les plus bas - minima. On pourrait associer la
notion de forme-source à celle de l'empreinte (par
exemple chez les chevaux, si l'on présente à
un jeune poulain uniquement un environnement humain, il fixe
son attachement maternel à l'humain qui lui est
présenté pendant la période de
sevrage-fixation caractéristique de son
espèce).
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Les interactions entre
les formes individuées (saillances) entre elles ou
avec les prégnances peuvent être de 4 types:
saillance <=> saillance
collision
saillance -> prégnance
préprogramme
prégnance -> saillance
effets figuratifs
prégnance <=> prégnance
catastrophes
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Causalité
et finalité sont deux facettes d'une même
réalité : le conflit, père de toute
chose.
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À la suite de la présentation des 7
catastrophes élémentaires
(voir Une
théorie des
modèles)
(dès 1968, in
Stabilité structurelle et
morphogénèse; stabilite.pdf, p 93s;
mais encore davantage depuis 1980 avec sa plongée
dans la philosophie d'Aristote),
qui résultent toutes de bifurcations ou
conflits d'attracteurs (Thom
utilise le mot conflit au sens courant, mais aussi plus
précisément pour désigner le conflit
d'un attracteur avec lui-même (catastrophe de
conflit), le mot bifurcation (catastrophe de bifurcation)
désignant alors les conflits entre plusieurs
attracteurs), Thom note
avec profondeur, que causalité (sous ses 3 aspects
plus ou moins pris en compte dans le sens le plus courant du
mot - causalité matérielle, efficiente et
formelle) et finalité sont deux facettes d'une
même réalité qu'il aime à nommer
conflit - père de toute chose - avec
Héraclite d'Ephèse.
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4 -
Remarques sur la
causalité
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La
causalité* ne se superpose pas au
déterminisme.
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On pourrait dire que la
cause est du domaine de l'être alors que le
déterminisme est du domaine du
phénomène. (Il
existe cependant une acception plus ancienne du mot
déterminisme qui s'oppose à la liberté
et qui rejoint la notion de causalité, mais elle
n'est pas utilisée en science
actuellement).
Le déterminisme en tant que possibilité de
prédiction d'un phénomène n'est pas
du domaine du formalisme prégnance-saillance.
Causalité ne veut pas dire que l'effet est toujours
atteint hic et nunc.
C'est un reproche majeur
fait à la théorie de Thom par des
scientifiques souvent positivistes (au moins de fait) qui
rejettent la compréhension (l'intelligence) comme
soutien de l'opérativité
(voir par exemple la
définition du modèle par Thom comme
étant à la fois prédictif et
compréhensif dans l'annexe
d'une page sur la théorie des
modèles).
Des reproches moins sérieux mais prégnants
pour certains esprits sont aussi parvenus à mes
oreilles avec des propositions désabusées du
genre "à vouloir tout expliquer, on n'explique
plus rien...". Je crois à la
vérité. Je crois l'homme capable de
vérité. L'uvre de Thom a une
cohérence qui force le respect et dont les
biologistes seraient fous de se priver, même si son
travail n'est qu'une première pierre. Comme il doit
être difficile d'être un scientifique
passionnément honnête et relativiste en
même temps (voir
page
sur la science).
Le déterminisme peut être
formalisé, à l'inverse de la
causalité (qui reste du domaine de la raison qui ne
pourra donc jamais faire l'objet d'un consensus, comme toute
position philosophique). René Thom en propose une
formalisation dans 1987f3, p 1 (il oppose le temps du
déterminisme à celui de la finalité...
ce qui est pour le moins discutable... sa finalité
n'est en aucun cas une cause finale), et donc je
préfère sa définition dans "La
boîte de Pandore des concepts flous", 1983f10):
« Le
modèle standard de déterminisme scientifique
est fourni par la description d'un système
différentiel dans un espace
(déterminisme laplacien). Il repose sur le
théorème classique exprimant
l'existence et l'unicité d'une solution (trajectoire)
issue d'une position initiale donnée, et la
continuité de cette solution par rapport à la
donnée initiale. Indépendamment des
objections qu'on peut faire aux hypothèses
nécessaires au modèle
(différentiabilité partout du champ,
inexistence de singularités ou de
discontinuités), les travaux modernes ont
révélé, dans cette théorie, des
complexités considérables affaiblissant
considérablement la portée pratique du
modèle différentiel. Si, par exemple, les
trajectoires vont partout divergeant, l'évolution de
deux positions initialement voisines les conduira
très loin l'une de l'autre, d'où
l'impossibilité pratique de prévoir. C'est
là une propriété robuste
(structurellement stable) de beaucoup de systèmes
différentiels. »
Le
déterminisme est donc en fait inséparable de
l'indéterminisme. D'où
l'intérêt de revenir à la
causalité sans pour autant sortir du domaine
scientifique.
*La causalité dont je parle dans cette page n'est
pas la causalité kantienne qui est une version
très réduite de la notion de cause
(voir remarques
sur la page de biologie
théorique).
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Aristote
à la mode... à juste titre
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Depuis 1998 je suis à
la recherche de formulations simples sur le vivant.
En 2005 il me semble que
finalement, rien n'est plus clair et plus adapté que
le notions proposées par Aristote (le fondateur du
lycée) vers les 350 ans avant
Jésus-Christ:
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La physique, ou philosophie
de la nature d'Aristote est celles des êtres en
mouvement.
Un être en mouvement peut à la fois être
un (en acte) et multiple, en devenir (puissance).
Acte et
puissance sont la première division de
l'être.
Le mouvement est un continu (divisible en puissance mais pas
en acte) qui procède de 3 principes:
* deux contraires: un point de départ (privation de
forme) et le point d'arrivée ou forme (ce que
la chose devient par génération);
* un principe de continuité du mouvement (substrat
qui subsiste dans le changement) ou
matière.
Forme et
matière sont la deuxième division de
l'être.
|
|
L'acte pourrait
peut-être être assimilé au concept
d'énergie (capacité de travail ou force
vitale), la puissance étant ce qui reçoit
l'acte; la materia prima est puissance pure. Dieu est
acte pur. (La matière au sens moderne d'un
composé d'éléments chimiques comporte
une forme). Peut-être pourrait-on enfin assimiler
forme et information dans un sens moderne un peu
étendu.
Tout être vivant serait donc un composé de
matière et de forme et la forme serait à la
fois génétique (au sens de reproductive),
cytoplasmique (au sens de nutritionnelle) et
environnementale (au sens de relationnelle). On retrouverait
ainsi les trois types de travail (reproductif, nutritionnel
et relationnel) qui pourraient être associés
à des types d'énergie.
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Dans la
page
sur le
continu un
extrait vidéo d'une conférence de Jean-Michel
Salanskis est accessible où il affirme ce
renouveau.
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Admiratif de l'ouverture d'esprit d'Aristote, je suis bien
conscient que la formulation n'est pas le plus important,
mais il faut que tout le monde comprenne et puisse mettre
des mots sur ce qu'il comprend. La philosophie d'Aristote
est toujours un modèle
d'intelligibilité.
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Intelligent
design = le dessein intelligent : pas si
bête que ça mais trop délicat à
utiliser...
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Depuis les années
90 l'intelligent design (le dessein
intelligent) s'appuie, de par le travail du jeune philosophe
William Dembski, plus ou moins sur les 4 causes d'Aristote
(le rapport me semble lointain - sauf entre dessein et cause
finale - mais je n'ai lu aucun des livres où ces
idées sont exposées).
Pour une présentation en accord avec la foi
catholique de cette question je recommande la
conférence Hasard
ou Dessein de Dieu ? éléments pour comprendre
ce qu'est l'Intelligent
Design par
Jean-Michel Maldamé, dominicain.
L'auteur
y replace clairement l'action de Dieu
(Dieu
a créé - et soutient dans l'être - le
monde - et l'homme, libre, tout particulièrement - AU
PRÉSENT, par sa Providence ou dessein d'amour)
et
renvoie les créationnistes et positivistes dos
à dos. L'intelligent design, comme théologie
naturelle qui s'attaque au hasard, n'est pas irrecevable
pour le chrétien, mais demande à être
compris avec beaucoup de subtilité.
En
tout cas, il est inacceptable que les chrétiens se
laissent enfermer dans cette position sous prétexte
de foi.
Un extrait:
« 3.3.3. Un dessein
intelligent
Je suis ainsi amené à distinguer dans les
propositions des tenants de l'Intelligent Design diverses
interprétations.
Il y a un sens qui me semble tout à fait traditionnel
: celui qui reconnaît que le monde est
créé par Dieu et que cette création
n'est pas la mise en place d'un univers que Dieu aurait
abandonné.
Il y a un autre sens qui me paraît insuffisant et que
j'appellerai apologétique, puisqu'il s'agit de
profiter des insuffisances et des incertitudes dans les
connaissances scientifiques pour proposer une intervention
de Dieu. C'est maladroit, car le jour où on comprend
Dieu se révèle être une «
hypothèse inutile ».
Une troisième attitude me semble irrecevable. Celle
qui argue de l'autorité de la Bible pour
récuser la valeur de l'explication scientifique qui
ne reprend pas mot à mot le texte biblique. Il y a
là une erreur théologique sur la nature du
texte biblique. Ainsi, c'est irrecevable au plan
théologique. Ça l'est aussi au plan
philosophique puisque toutes les causalités sont
placées sur le même plan.»
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Pour approfondir ce qu'est
le dessein intelligent voici quelques idées extraites
d'une conférence de Santiago Collado
Gonzales donnée le 6 mai 2005 lors du
Séminaire Science, Foi et Raison de
l'Université de Navarre
(http://www.unav.es/
cryf/curso05sc.pdf).
D'autres textes sont depuis disponibles en anglais et en
espagnol sur le site http://www.unav.es/cryf/
que je recommande. La dernière analyse
proposée par S. Collado, notamment à partir du
travail de Mariano Artigas, récemment
décédé (12/06), est à l'adresse:
http://www.unav.es/cryf/
sth07scollado.pdf.
Ces idées
ne sont pas inintéressantes.
Elles présentent même une certaine ressemblance
avec le travail de René Thom qui me paraît
cependant autrement plus profond. En effet la
complexité de Dembski repose sur des
probabilités alors que les fonctions de René
Thom cherchent à atteindre le phénomène
vivant directement (dans son être et non dans son
comportement). En tout cas je crois pouvoir dire qu'un des
buts commun est bien d'éradiquer le hasard comme
explication morphogénétique.
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les 4 causes
d'Aristote
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les notions de W.
Dembski
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cause
matérielle
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contingence :
la contingence est l'expression d'une possibilité
réelle d'être ou de ne pas être dans le
monde physique; sans contingence un phénomène
est une nécessité. Avec contingence
mais sans complexité un phénomène est
une contingence.
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l'algorithme
d'inférence du dessein
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cause formelle
?
cause
efficiente ?
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complexité
: cette grandeur désigne en fait la dimension
de l'espace de probabilité. Plus un ensemble
d'éléments est complexe plus il peut
être assemblé de façons
différentes et efficaces. Sans complexité un
phénomène contingent est un
hasard.
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cause
finale
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spécification : cette notion, plus originale
que les précédentes, revient à dire que
certains systèmes sont a priori, dans l'espace global
de probabilité dans lequel le système se meut,
au sein d'un sous-ensemble de probabilités
réduit. Un phénomène contingent et
complexe sans spécification n'est qu'un
hasard. Seuls les phénomènes
contingents et ayant une complexité spécifique
sont des desseins.
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une illustration
issue du cours
de 1èreS sur
les fonctions locales et les fonctions globales des
enzymes
(nouvelle
introduction:
Comment j'ai changé mon regard sur le
vivant)
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Les
molécules sont les traces des fonctions locales.
Les fonctions locales sont les traces de la dynamique du
vivant (fonctions globales).
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Une substance A
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Ces deux substances
séparées sont au "au
repos".
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Une enzyme
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La réaction
enzymatique est un mouvement que l'on peut
qualifier de fonction locale des
molécules mises ensemble.
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La substance B
obtenue

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Ces deux substances qui
vont intervenir dans une réaction chimique
sont des causes matérielles,
insuffisantes à elles seules pour produire
quelque chose de nouveau : un mouvement = une
réaction = une
fonction.
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La main qui les met en
présence est une cause
efficiente; c'est elle qui ajoute une
fonction
|
La réaction enzymatique
n'est pas non plus la fonction globale mais juste
la cause formelle de l'obtention de
B.
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La fonction
globale qui comprend la finalité
(de l'expérimentateur qui réalise la
réaction) n'est pas le fait des
molécules seules mais bien de l'ensemble
"molécules +
environnement" (principalement
l'expérimentateur).
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