La création




www.vatican.va

www.eglise.catholique.fr

Nouvelle traduction liturgique de la Bible
(à la demande et sous la supervision des évêques francophones)

Le catéchisme francophone des JMJ.... 12 euros bien placés

Le cathologue
(des sketchs sympas)


Brève histoire de l'Eglise


tableau
du monde

Cette page, à la différence de toutes les autres pages de mon site, est une page de Foi et non de science. Il ne s'agit plus des sciences naturelles, mais des vérités surnaturelles sur la nature et, particulièrement, sur l'homme. Je ne considère ici que les questions qui sont en rapport avec les sujets scientifiques traités sur ce site.


Au commencement Dieu créa - Initiation à la Théologie de la Création, Pedro Urbano, Le Laurier, 2008

Catéchisme de l'Église Catholique, référencé CEC dans cette page; ressource en ligne: http://www.vatican.v a/archive/ ccc/index_fr.htm;
le Compendium est une version abrégée sous forme de questions-réponses, référencé CC dans cette page, des renvois sont systématiquement faits pour tous les mots importants de la Foi catholique: http://www.vatican.va/archive/ compendium_ccc/documents/ archive_2005_compendium-ccc_fr.html .


J'exerce ici la fonction prophétique de tout baptisé: je ne parle pas en mon nom, mais en celui de mon Seigneur. Toute erreur serait de mon fait et je m'en remets totalement à l'enseignement de l'Église. Cette page n'est pas une démonstration ou un argumentaire (je ne cherche pas à convaincre, il n'y a pas ici de polémique), ce n'est qu'un témoignage.


Lumen Fidei
- Laudato si
(les 2 encycliques du Pape François)

Autres lectures :
http://qe.catholique.org/885-evolution-et-creation/

http://www. portstnicolas.org/ L-eglise-du-village/ questions-diverses / la-creation-un-conflit-entre-la. html

BeniNews: un site que j'apprécie et qui fait (faisait...blog en cours d'abandon) très bien ce que je ne sais pas faire: http://beninews.canalblog.com/


Plan

1. Prolégomènes
1.1 - vérités naturelles et vérités surnaturelles (VS) : raison et Foi
1.2 - l'Écriture Sainte dans la foi catholique : les écrits canoniques (reconnus par l'Église pour la liturgie) sont inspirés et inerrants
2. L'acte créateur de Dieu
2.1 VS1 Dieu crée à partir de rien (ex nihilo)
2.2
VS2 L'univers a son origine dans le dessein d'amour de Dieu qui transcende le monde
3. Les créatures vivantes ont une fin
VS3 Dieu crée par amour, pour faire participer ses créatures de son être, de sa sagesse et de sa bonté
4. La création n'est pas terminée
Avec mes mots : La création continue
VS4 Dieu n'abandonne pas les créatures, mais veille sans arrêt sur elles : c'est la Providence de Dieu
5. L'homme est la seule créature créée à l'image de Dieu
5.1 - VS5 L'homme est la seule créature créée à l'image de Dieu
5.2 -
VS6 L'homme est une créature libre : la fin surnaturelle de l'homme c'est de faire la volonté de Dieu librement
5.3 -
VS7 L'homme a été créé pour travailler
5.4 - VS7bis L'homme a été créé pour travailler la création
5.5 -
VS8 L'homme et la femme sont créés l'un pour l'autre


Extraits:

- Bible sur fond jaune

- Magistère de l'Église catholique sur fond vert


Préface des dimanches du temps ordinaire V
La création

Vraiment, il est juste et bon
de te rendre gloire,
de t'offrir notre action de grâce,
toujours et en tout lieu,
à toi, Père très saint,
Dieu éternel et tout-puissant,
à toi,
Créateur de tous les éléments du monde,
Maître des temps et de l'histoire.

C'est toi qui as formé l'homme à ton image
et lui as soumis l'univers et ses merveilles;
tu lui as confié ta création
pour qu'en admirant ton œuvre
il ne cesse de te rendre grâce
par le Christ, notre Seigneur.

C'est toi que la terre et le ciel,
avec les anges et les archanges,
ne cessent d'acclamer en chantant:

Missel Roman


1. Prolégomènes






1.1 - vérités naturelles et vérités surnaturelles (VS) : raison et Foi



blason du pape Benoît XVI
explications sur le site du vatican

 


blason du pape Jean-Paul II


blason du pape Pie XII


La Foi, vertu théologale, est un don de Dieu. Elle illumine la raison. La raison, seule, sans l'aide de la foi, parvient à connaître Dieu, vraiment, mais de façon très imparfaite, à travers le monde créé. Avec l'aide de la foi, elle se hisse à des sommets inexplorés.

La raison, dans la Foi, apprend à s'abandonner. Elle se détache de la vaine science et, guidée par l'Esprit Saint (Dieu lui-même), elle atteint les vérités divines elles-mêmes, qui ne lui sont pas accessibles par nature, mais par grâce.


Deux vérités naturelles :
* Dieu existe.
* Dieu a créé le ciel et la terre (le monde visible et invisible).

Ces deux vérités, ordonnées l'une à l'autre (existence de Dieu puis acte créateur), sont des vérités premières dans les trois religions monothéistes. Juifs, chrétiens et musulmans, non seulement s'accordent sur l'existence du Dieu unique et sur son action créatrice, mais ils affirment ensemble que tout homme droit, peut trouver, par sa seule raison, ces vérités, notamment en observant la nature.

Les vérités naturelles sur l'homme forment ce que l'on appelle la loi naturelle (voir par exemple un document récent du Saint Siège).


Des vérités surnaturelles :
* Le monde créé trouve son commencement
- dans un dessein d'amour de Dieu
- qui crée à partir de rien
- pour faire participer ses créatures à son être, sa sagesse et sa bonté.

Ces vérités sont surnaturelles, car elles ne peuvent être atteintes par la seule raison, et exigent donc que Dieu nous les révèle. Elles nécessitent donc une révélation : on dit que ce sont des vérités révélées. Elles requièrent la foi. Nous les approfondirons dans les paragraphes suivants (notés VS : vérité surnaturelle).

Pour approfondir :
La révélation de Dieu se fait au cœur de l'homme et non dans un livre. Dieu se révèle en paroles et en œuvres comme Être personnel à travers l'histoire du salut. Il se révèle aussi à nous, maintenant. La révélation est pleine dans le Christ qui vit dans le cœur de tous les hommes qui l'accueillent (voir
par exemple pour des références).



Pour quelqu'un d'ouvert à la vérité, il n'y a pas d'affrontement entre des vérités naturelles et surnaturelles. Les vérités naturelles peuvent être scientifiques, mais il existe des vérités naturelles non scientifiques... comme l'existence de Dieu.


Bien évidemment, il existe des personnes qui nient toute vérité autre que matérielle (c'est un matérialisme) ou scientifique (c'est un scientisme), et dans ce cas il est sûr qu'il ne peut pas y avoir d'accord entre la vérité "scientifique" (ainsi déifiée) et d'autres vérités. Le rejet de la religion (athéisme) est alors inéluctable. Mais, heureusement, ces positions morales ne sont pas celles de la majorité.

Je ne suis pas d'accord avec ceux qui disent: « je suis croyant, mais ma foi n'a rien à voir avec mes connaissances scientifiques; ce sont deux domaines séparés....»; en effet, si ce n'est pas faux dans le fond (j'aimerais parfois que cela soit la réalité), dans la pratique, il me paraît impossible de ne pas s'engager dans certains débats qui, sous des dehors de scientificité, sont en fait des débats moraux ou philosophiques, voire politiques.


On ne peut pas dire que science et Foi sont séparées dans la mesure où un scientifique pourrait totalement occulter sa Foi (il faut bien qu'il pense, sa raison ne peut pas ne pas être orientée par sa Foi). Ce n'est pas une séparation c'est un changement de niveau dans la vérité. Vérité scientifique et vérité transcendante sont présentes en même temps dans l'objet naturel, créé. Et cela ne devrait poser aucun problème aux scientifiques croyants.

On ne peut donc pas dire non plus que les questions scientifiques ne touchent jamais les questions de Foi. Bien souvent, comme dans le cas où l'on parle de l'homme, elles ont le même sujet.
- La Foi peut donc être utile pour rectifier une théorie "scientifique" (du moins une théorie qui serait scientifique au départ, mais qui ne le serait plus lorsqu'elle s'aventurerait dans des questions morales) qui mettrait en danger cette Foi (comme ce fût le cas par exemple
pour le polygénisme, voir à ce sujet l'encyclique Humani generis de Pie XII et comme c'est bien souvent le cas pour des techniques touchants à la reproduction... ou à l'évolution, faute justement de théories scientifiques à mon avis). Mais la vérité scientifique n'atteindra jamais ce que la Foi livre au cœur de l'homme. La Foi aide l'homme à avoir une science moralement droite.
- Mais, à l'inverse, la science peut aussi aider l'homme à clarifier une conception erronée de Dieu - qui ne vient pas de la Foi, vertu infuse, mais de la raison -, car Dieu n'est pas si éloigné de la science humaine qu'il s'opposerait à elle. Notre science peut ainsi aider à améliorer notre réception de la Foi.



 

1.2 - l'Écriture Sainte dans la foi catholique : les écrits canoniques (reconnus par l'Église pour la liturgie) sont inspirés et inerrants



Saint Jérôme traduisant la Bible
Paris, XIIIe s. (3e-4e quart). Autun, Bibl. mun., ms. 146 A, f. 1.
La traduction par Saint Jérôme de la bible en latin à partir des textes grecs et hébraïques date de l'an 382 et a reçu le nom de vulgate (du latin vulgata editio = édition pour tous). Des éditions nouvelles de la vulgate ont été faites.
P.S. le latin est la langue universelle de l'Église catholique


Dieu nous PARLE, non de nous, mais de LUI, dans l'Écriture qui est inspirée (c'est Dieu, et l'Esprit Saint tout particulièrement, qui est l'auteur principal de l'Écriture Sainte) et inerrante (ne conduit jamais à l'erreur) puisqu'elle vient de Dieu et est interprétée en Église car c'est une parole vivante.
Dans l'Écriture, Dieu se révèle.


Dans la Genèse, le récit (que l'on peut qualifier de littéraire, poétique, imagé, non-historique... mais aussi de vrai, inspiré, inerrant) n'est qu'un support de la Parole divine qui n'est pleinement donnée que dans le Christ, Verbe de Dieu. Dieu nous a tout dit dans le Christ.


Les récits et mythes (créations narratives) de l'origine du monde que l'on trouve dans diverses cultures et cosmogonies n'ont pas le même sens que le récit biblique, car ils ne se posent pas en Parole divine. Les formes littéraires très variées recensées dans les livres bibliques sont autant de formes personnelles des auteurs inspirés qui transmettent cette Parole. Si l'étude historique et scientifique de la Bible apporte des éclairages nouveaux et intéressants il ne faut pas oublier que la foi catholique ne repose pas sur un livre, mais sur la Parole de Dieu vivante qui est le Christ, annoncé et révélé avant sa venue, sa mort et sa résurrection, par les prophètes (qui parlent au nom de Dieu... ce qui n'a rien à voir avec les magiciens et autres voyants qui pullulaient dans l'Antiquité) et consignée dans l'Ancien Testament. (voir par exemple l'avant-propos du livre de Benoît XVI (disponible ici): Jésus de Nazareth, Flammarion, tome I)

«Cependant, la foi chrétienne n'est pas une " religion du Livre ". Le christianisme est la religion de la " Parole " de Dieu, " non d'un verbe écrit et muet, mais du Verbe incarné et vivant  (S. Bernard, hom. miss. 4, 11 : Opera, ed. J. Leclercq-H. Rochais, v. 4 [Romae 1966] p. 57). CEC108

Nouvelle traduction liturgique

L'Église catholique reconnaît comme canoniques (utilisés dans la liturgie) les livres de l'Ancien Testament, issus de la Bible hébraïque (et écrits en hébreu sauf quelques passages en araméen pour Esdras, Daniel et Jérémie), auxquels elle ajoute des livres non reconnus par la tradition juive, suivie par les protestants (du fait qu'on ne les connaît qu'en version grecque, c'est ce que l'on appelle la version des Septante; ces livres, recueillis par la diaspora juive puis par l'église catholique sont appelés deutérocanoniques):
- livres de la loi (Torah)= La Genèse, L'exode, Le lévitique, Les nombres, Deutéronome.
- livres historiques: Le livre de Josué, Le livre des Juges, Le livre de Ruth, 1 Samuel, 2 Samuel, 1 Rois, 2 Rois, 1 Chroniques, 2 Chroniques, Le livre d'Esdras, Le livre de Néhémie,
Le livre de Tobie, Le livre de Judith, Le livre d'Esther (une partie n'est connue qu'en grec).
- livres sapientiaux (de la Sagesse): Le livre de Job, Le livre des Psaumes, Le livre des Proverbes, Le livre de l'Ecclésiaste (Qohélet), Le livre du Cantique des Cantiques,
Le livre de la Sagesse, Le livre de l'Ecclésiastique (Siracide).
- livres prophétiques :
+ grands prophètes: Isaïe, Jérémie, Le livre des Lamentations,
Baruch, Ézéchiel, Le livre de Daniel (une partie n'est connue qu'en grec),
+ petits prophètes: Le livre d'Osée, Le livre de Joël, Le livre d'Amos, Le livre d'Abdias, Le livre de Jonas, Le livre de Michée, Le livre de Nahoum, Le livre d'Habaquq, Le livre de Sophonie.
+ prophètes après le retour d'exil à babylone: Aggée, Zacharie, Malachie.
+ livres de l'histoire de la révolte des Maccabées :
1 Maccabées, 2 Maccabées.
L'Église catholique ajoute aussi (ainsi que les orthodoxes et protestants), bien sûr, le
Nouveau Testament qui est construit sur le même plan:
- la loi nouvelle : les quatre Évangiles
- l'histoire : les Actes des apôtres
- la Sagesse : Les Épîtres,
- la prophétie: l'Apocalypse.
Ce canon des Écritures Saintes a été reconnue par l'Église en tenant compte d'abord, historiquement, des textes que les premiers chrétiens écoutaient en continuant à aller à la synagogue, avant qu'ils n'en soient chassés par les autres juifs. Ensuite ont été reconnus les textes que l'on lisait en assemblée, lettres des apôtres par exemple. Enfin ont été accueillis les textes de l'Ancien Testament dont on ne connaît que des manuscrits en grec (et non en hébreu), ce qui les a fait rejeter par les juifs modernes. Ils contiennent des éléments qui sont importants pour l'enseignement de l'Église catholique (par exemple Le livre de Tobie parle de l'existence et du rôle des anges gardiens).


2. L'acte créateur de Dieu se situe bien au-delà des approches scientifiques du Big-Bang et autres théories de la formation de l'univers




2.1 VS1 Dieu crée à partir de rien (ex nihilo)




Nouvelle traduction liturgique : Livre de la Génèse


Le récit de la Genèse est compris et enseigné par le Magistère (l'Église, corps mystique du Christ, dans sa fonction enseignante, représentée par l'évêque de Rome (le Pape) et les évêques en communion avec lui, CC n°16) comme une révélation de Dieu créateur de l'univers à partir de rien (en latin : de rien = ex nihilo).

Il n'y a pas de matière ou autre chose qui préexiste à l'univers.

Si le mot matière désigne différentes approches philosophiques du monde créé (la matière prime est puissance pure pour Aristote), il est important de savoir que Dieu est un être spirituel subsistant (non créé) qui n'a pas de matière. La matière créée n'est pas une expansion de la substance divine et ne subsiste pas sans l'acte créateur de Dieu. C'est pour cela que l'on parle aussi de "création continuée" pour insister que le fait que l'acte créateur de Dieu dure, ou est actuel (voir Bergson pour une approche du temps comme être).



« Au-delà de la connaissance naturelle que tout homme peut avoir du Créateur (cf. Ac 17, 24-29 ; Rm 1, 19-20), Dieu a progressivement révélé à Israël le mystère de la création.» CEC 286-287
CEC 296 « Nous croyons que Dieu n'a besoin de rien de préexistant ni d'aucune aide pour créer (cf. Cc. Vatican I : DS 3022). La création n'est pas non plus une émanation nécessaire de la substance divine (cf. Cc. Vatican I : DS 3023-3024). Dieu crée librement " de rien " (DS 800 ; 3025) :
Quoi d'extraordinaire si Dieu avait tiré le monde d'une matière préexistante? Un artisan humain, quand on lui donne un matériau, en fait tout ce qu'il veut. Tandis que la puissance de Dieu se montre précisément quand il part du néant pour faire tout ce qu'il veut (S. Théophile d'Antioche, Autol. 2, 4 : PG 6, 1052).»

CEC 297 « La foi en la création " de rien " est attestée dans l'Écriture comme une vérité pleine de promesse et d'espérance. Ainsi la mère des sept fils les encourage au martyre:

Je ne sais comment vous êtes apparus dans mes entrailles; ce n'est pas moi qui vous ai gratifiés de l'esprit et de la vie; ce n'est pas moi qui ai organisé les éléments qui composent chacun de vous. Aussi bien le Créateur du monde, qui a formé le genre humain et qui est à l'origine de toute chose, vous rendra-t-il, dans sa miséricorde, et l'esprit et la vie, parce que vous vous méprisez maintenant vous-mêmes pour l'amour de ses lois (...). Mon enfant, regarde le ciel et la terre et vois tout ce qui est en eux, et sache que Dieu les a faits de rien et que la race des hommes est faite de la même manière (2 M 7, 22-23. 28)



2.2 VS2 L'univers a son origine dans le dessein d'amour de Dieu qui transcende le monde


Voilà encore une vérité révélée que la raison ne peut trouver seule.
La création n'est ni une nécessité, ni un destin aveugle, ni un hasard, mais un acte d'amour.

 


Une belle réflexion de Saint Augustin: Étude sur le commencement de la Genèse jusqu'à ces paroles : «Faisons l'homme à notre image » Traduction de M. l'abbé Tassin, site de l'Abbaye Saint Benoît en Suisse qui met en ligne les Œuvres complètes de Saint Augustin


L'univers a un début puisqu'il est créé à partir de rien. Mais l'acte créateur de Dieu est bien plus qu'un début, on pourrait parler de commencement.

Ce début n'est pas celui d'un début dans le temps, mais d'un début dans l'être ou dans l'existence. Avant il n'y avait rien. Puis, par un acte d'amour de Dieu, il y a un univers, qui est (qui dure).

L'origine de l'être de l'univers (et sa durée) est donc inaccessible à la raison, elle est dans le dessein libre de Dieu.


Dieu est hors du temps. Il est transcendant. Il n'y a aucun début ni fin en Dieu (il se donnera son nom pour Moïse "Je suis"= "Yahvé"). Pour ce qu'il nous en a révélé, Dieu était "seul" (un Dieu en 3 personnes) avant de créer l'univers (et d'innombrables personnes). L'origine de l'univers est transcendante : elle transcende la réalité matérielle (temps, espace... ce que l'on peut mesurer et toucher) puisqu'elle se trouve dans la volonté et la toute-puissance de Dieu.


Remarque personnelle:
Le vocabulaire d'Henri Bergson qui a fondé sa métaphysique sur une compréhension du
temps du vivant comme durée (qui s'identifie pour lui à l'être) peut être un moyen d'approcher la création qui est trop souvent comprise comme un MOMENT, un acte isolé dans le temps, alors qu'il s'agit de la création du temps avec l'univers et tout particulièrement du vivant (car c'est là que nous pouvons l'appréhender). La création est donc davantage un commencement du temps et de l'être de l'univers et des êtres vivants qui sont dans cette durée. De plus, la création est inséparable du dessein d'amour de Dieu. Les choses sont et durent par l'amour divin manifesté dans l'acte créateur (voir paragraphe suivant).


«Quoiqu'il en soit, car c'est ici une chose des plus profondes et des plus impénétrables à l'esprit humain, on doit assurément tenir comme un point de foi, encore qu'il excède la mesure de nos connaissances, que toute créature a un commencement, que le temps lui-même est une créature, que par conséquent il a un commencement et n'est pas coéternel au Créateur.» Saint Augustin: Étude sur le commencement de la Genèse jusqu'à ces paroles : «Faisons l'homme à notre image » (voir ci-contre)





Il est donc essentiel de comprendre que les sciences naturelles (et donc les SVT, sciences de la vie et de la terre, comme on les appelle dans l'enseignement secondaire depuis quelques temps) sont des sciences limitées à la connaissance par la raison qui n'atteignent pas les vérités surnaturelles qui doivent nous être révélées par Dieu. Pour un croyant il ne peut y avoir de conflit entre les découvertes des sciences naturelles et les vérités surnaturelles.


Il est donc faux de dire que la théorie du BigBang ou toute autre théorie qui présente une singularité initiale pour l'univers est plus en accord avec l'Écriture qu'une théorie qui présenterait une matière dispersée ou qui proposerait un début par fusion d'une infinité d'univers.... Théories scientifiques et transcendance de l'origine du monde ne sont pas incompatibles mais ne visent pas le même type de connaissance.
Ainsi il est vain de vouloir prouver ou approcher des vérités révélées par un raisonnement scientifique. Dieu n'a pas besoin de notre science pour se révéler et notre science n'atteint pas le surnaturel.

Si un scientifique affirme par contre que sa théorie le conduit à croire que l'univers existe depuis toujours et qu'il n'a pas de début (dans le temps) il peut se placer en contradiction avec la foi des hommes des trois religions monothéistes. Cela dépend en effet de la manière dont il comprend le temps. Si pour lui il ne s'agit pas d'une connaissance absolue, mais juste de la connaissance propre à son domaine de compétence (un temps mesurable) on peut très bien imaginer que le temps qu'il considère n'est que le temps physique et que sa théorie n'est pas incompatible avec un début dans l'être. Il faudrait vraiment qu'il choisisse de sortir de son domaine et de prétendre que sa science va contre les vérités surnaturelles et qu'il s'oppose donc ouvertement à la vérité révélée, pour que l'on puisse dire que sa science l'a mené à une erreur. Mais dans ce cas, il est clair que ce n'est pas sa science qui est en cause, mais son désir de dépasser son domaine de compétence et en faire une science universelle qui refuse toute connaissance surnaturelle.
Ainsi, ne peuvent s'opposer à une vérité révélée que ceux qui choisissent sciemment de le faire en rejetant Dieu. Il n'y a jamais de théorie scientifique qui aille contre Dieu par nature.


Le récit biblique de la création est une narration poétique qui raconte ce que Dieu veut que nous sachions sur l'origine du monde

 

Les titres et commentaires ajoutés viennent principalement de Comprendre les Écritures, Un cours complet d'introduction à la Bible, Scott Hahn, Wilson & Lafleur, 2008

 

(1) alliance = le mot hébreu pour "conclure en alliance" vient du mot "sept": pour dire "je conclus une alliance", on disait littéralement "je sept moi-même".


chapitre 1 et début du 2 du livre de la Genèse (dans ce récit Dieu est appelé Elohim= Dieu ou dieux (pluriel de majesté de El = dieu) en hébreu; l'emploi d'Élohim suggère le pouvoir infini du Créateur)


Récit : la création est une alliance(1) avec l'univers
premier jour: création du temps (jour et nuit)
Ch 1 - « 01 AU COMMENCEMENT, Dieu créa le ciel et la terre.
02 La terre était informe et vide, les ténèbres étaient au-dessus de l’abîme et le souffle de Dieu planait au-dessus des eaux.
03 Dieu dit : « Que la lumière soit. » Et la lumière fut.
04 Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière des ténèbres.
05 Dieu appela la lumière « jour », il appela les ténèbres « nuit ». Il y eut un soir, il y eut un matin : premier jour.»
deuxième jour: création de l'espace (ciel et mer)
«06 Et Dieu dit : « Qu’il y ait un firmament au milieu des eaux, et qu’il sépare les eaux. »
07 Dieu fit le firmament, il sépara les eaux qui sont au-dessous du firmament et les eaux qui sont au-dessus. Et ce fut ainsi.
08 Dieu appela le firmament « ciel ». Il y eut un soir, il y eut un matin : deuxième jour.»
troisième jour: création de la vie (terre, végétation)
« 09 Et Dieu dit : « Les eaux qui sont au-dessous du ciel, qu’elles se rassemblent en un seul lieu, et que paraisse la terre ferme. » Et ce fut ainsi.
10 Dieu appela la terre ferme « terre », et il appela la masse des eaux « mer ». Et Dieu vit que cela était bon.
11 Dieu dit : « Que la terre produise l’herbe, la plante qui porte sa semence, et que, sur la terre, l’arbre à fruit donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. » Et ce fut ainsi.
12 La terre produisit l’herbe, la plante qui porte sa semence, selon son espèce, et l’arbre qui donne, selon son espèce, le fruit qui porte sa semence. Et Dieu vit que cela était bon.
13 Il y eut un soir, il y eut un matin : troisième jour.»

suite ---->


 

 

quatrième jour: les générateurs de temps (ou arbitres du temps : soleil et étoiles)
« 14 Et Dieu dit : « Qu’il y ait des luminaires au firmament du ciel, pour séparer le jour de la nuit ; qu’ils servent de signes pour marquer les fêtes, les jours et les années ;
15 et qu’ils soient, au firmament du ciel, des luminaires pour éclairer la terre. » Et ce fut ainsi.
16 Dieu fit les deux grands luminaires : le plus grand pour commander au jour, le plus petit pour commander à la nuit ; il fit aussi les étoiles.
17 Dieu les plaça au firmament du ciel pour éclairer la terre,
18 pour commander au jour et à la nuit, pour séparer la lumière des ténèbres. Et Dieu vit que cela était bon.
19 Il y eut un soir, il y eut un matin : quatrième jour..»
cinquième jour: les arbitres de l'espace (les formes vivantes : oiseaux, poissons)
« 20 Et Dieu dit : « Que les eaux foisonnent d’une profusion d’êtres vivants, et que les oiseaux volent au-dessus de la terre, sous le firmament du ciel. »
21 Dieu créa, selon leur espèce, les grands monstres marins, tous les êtres vivants qui vont et viennent et foisonnent dans les eaux, et aussi, selon leur espèce, tous les oiseaux qui volent. Et Dieu vit que cela était bon.
22 Dieu les bénit par ces paroles : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez les mers, que les oiseaux se multiplient sur la terre. »
23 Il y eut un soir, il y eut un matin : cinquième jour. »

suite
<---------

(3) alliance maritale: Dieu crée l'homme, homme et femme; et leur union (mari-femme) est une alliance à l'image de celle de l'homme avec Dieu. Une alliance indissoluble en vue de la reproduction (devenant la famille). La famille humaine est créée à l'image de la Trinité dans sa fécondité d'amour.

Dans toute l'histoire sainte de l'ancien testament, l'homme n'a cessé de renier ces alliances. Dieu n'a cessé de revenir vers ce peuple infidèle et lui promettre une alliance nouvelle et éternelle (qui sera dans le Christ). Par exemple, la loi de Moïse, David, Salomon et tant d'autres ont été infidèles à l'alliance maritale qui sera rétablie par le Christ : « Jésus leur dit : " C'est à cause de votre dureté de cœur qu'il a écrit pour vous cette loi. Mais, au commencement de la création, Dieu les fit mâle et femelle. A cause de cela, l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et les deux ne seront qu'une seule chair. Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Que l'homme donc ne sépara pas ce que Dieu a uni ! " » (Mc 10, 2-12)



sixième jour: les arbitres de la vie (l'homme parmi les êtres vivants: animaux, homme et femme)
« 24 Et Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants selon leur espèce, bestiaux, bestioles et bêtes sauvages selon leur espèce. » Et ce fut ainsi.
25 Dieu fit les bêtes sauvages selon leur espèce, les bestiaux selon leur espèce, et toutes les bestioles de la terre selon leur espèce. Et Dieu vit que cela était bon.
26 Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance (2). Qu’il soit le maître des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, des bestiaux, de toutes les bêtes sauvages, et de toutes les bestioles qui vont et viennent sur la terre. »
27 Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. 
alliance maritale(3)
28 Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. »
29 Dieu dit encore : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture.
30 À tous les animaux de la terre, à tous les oiseaux du ciel, à tout ce qui va et vient sur la terre et qui a souffle de vie, je donne comme nourriture toute herbe verte. » Et ce fut ainsi.
31 Et Dieu vit tout ce qu’il avait fait ; et voici : cela était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : sixième jour.
»
septième jour: le repos de Dieu : alliance(1) sabbatique avec la création
Ch2 - « 01 Ainsi furent achevés le ciel et la terre, et tout leur déploiement.
02 Le septième jour, Dieu avait achevé l’œuvre qu’il avait faite. Il se reposa, le septième jour, de toute l’œuvre qu’il avait faite.
03 Et Dieu bénit le septième jour : il le sanctifia puisque, ce jour-là, il se reposa de toute l’œuvre de création qu’il avait faite.»

 

 

(2) voir ci-dessous (4)
L'homme a été créé à l'image de Dieu et à sa ressemblance:
- Dieu est notre Père,
- nous sommes comme Dieu (intelligence, volonté libre, capacité d'amour),
- la vie humaine est sacrée
- notre travail a une valeur spéciale (nous avons été créés pour travailler, à l'image de Dieu (mon Père est toujours à l'œuvre, ), l'homme travaillait dans le jardin d'Éden et l'homme travaillera au paradis).

 

 

La création est représentée comme un temple (d'après Scott Hahn, p 50)

Certains chrétiens protestants (Américains au départ ?) et certains musulmans, qualifiés de créationnistes (ils refusent donc aussi l'évolution), font NOTAMMENT une lecture littérale de ce récit et comprennent le chiffre sept de façon numérique et non pas symbolique (sept = alliance en hébreu). Ce n'est pas l'interprétation de l'Église catholique ni de l'Église orthodoxe, ni même des juifs.


3. Les créatures vivantes ont une fin: manifester la gloire de Dieu





VS3 Dieu crée par amour, pour faire participer ses créatures de son être, de sa sagesse et de sa bonté


La création à une fin


L'univers à un fin. L'univers n'est pas créé sans but, mais par amour. Comme toute action de Dieu, la création trouve sa fin en Lui-même (son amour est principe et fin de toute chose).


On appelle bien l'adéquation d'un acte avec sa fin. Un être qui fait le bien est qualifié de bon.
Au sens plénier "Personne n’est bon, sinon Dieu seul." (selon la réponse de Jésus au jeune homme riche:
Mc 10, 18).


Toute la création est bonne. Dieu ne peut créer que le bien.
Les créatures de Dieu nous parlent de la bonté de Dieu.

Le mal est entré dans le monde par ses créatures libres, mais Dieu n'a pas créé le mal.

Dieu ne crée pas pour accroître sa gloire (rien ne lui manque, il est Tout, plénitude...), mais pour la manifester et la communiquer. La fin de la création c'est la gloire de Dieu manifestée et communiquée entre toutes les créatures.

Toute la création est le reflet de la gloire de Dieu.
L'homme peut donc connaître la gloire de Dieu à travers sa création.

Le monde, et l'homme tout particulièrement (voir ci-dessous), a donc une fin naturelle en Dieu: manifester la gloire de Dieu.






Dieu est la cause et la fin de toute chose.


C'est un domaine où de nombreuses philosophies ou même de théories biologiques plus ou moins philosophiques ont tenté d'exclure Dieu de la finalité du monde, soit parce qu'elles veulent l'ignorer, soit parce qu'elles le rejettent au nom d'une attitude d'athéisme ou d'agnosticisme.

Il n'est pas toujours facile de savoir si le rejet de Dieu est l'origine ou l'aboutissement du raisonnement des scientifiques officiellement athées. Je défends de toutes mes forces l'idée d'une biologie, constituée en science totalement originale du vivant (une biologie au sens de Lamarck) et qui, de fait, n'exclue pas Dieu (même si Lamarck, avec son matérialisme vitaliste, n'est pas loin d'un athéisme: voir par exemple sur le site du CNRS, un de ses historiographes: Lamarck, le Fondateur du transformisme, par Marcel Landrieu).

Petit texte de Robert Jullien montrant deux cousins scientifiques qui on répondu de façon fort différente à cette question : Jacques MONOD et Théodore MONOD.


Les sciences naturelles (SVT) ignorent donc Dieu (sans le rejeter) bien souvent par leur méthode plutôt que par la nature de leur objet. En effet la méthode scientifique (voir page sur la science) nous empêche d'atteindre le surnaturel, mais aussi limite notre connaissance naturelle (rationnelle) à une connaissance par les causes - voir les 4 causes). D'autre part, l'objet de la science, qui est l'ensemble des corps naturels, matériels, exclut Dieu, même si ces corps sont une voie vers Dieu. Mais si Dieu est pur esprit, l'homme ne l'est pas et reste un "objet" de science, et pas uniquement dans sa composante matérielle (mais aussi psychologique, psychique... ou toute autre appellation d'une science de l'esprit). Il est clair que les sciences naturelles ne peuvent appréhender la fin surnaturelle du monde même si elles ont un rôle important à jouer dans la démonstration de la beauté du monde, qui est le reflet de la gloire de Dieu pour le croyant.
L'opinion selon laquelle la méthode expérimentale impose un matérialisme, comme l'affirment les néoscientistes, qui nient toute réalité aux vérités surnaturelles, est parfois revendiquée comme un athéisme méthodologique, qui laisserait alors le "choix" d'une foi en un Dieu totalement étranger à la vie. Sous des dehors de tolérance cette position est au contraire un athéisme fort (arrogant) qui prétend entraîner la science en dehors de la recherche d'une harmonie entre vie et vérité. La vie n'est pas un phénomène strictement matériel (au sens de la physique, sens qui dépasse la notion de matière aristotélicienne). Vouloir comprendre la vie reste l'objet d'une biologie, même si on est limité par la méthode.
Lorsqu'un scientifique affirme que le monde est contingent et qu'il entend par là qu'il n'a aucune finalité propre, il peut s'opposer à la vérité révélée. Il devrait se contenter de dire que sa science (naturelle) ne lui permet pas de trouver une finalité naturelle (même si d'autres théories, non moins scientifiques, peuvent proposer des finalités qui ne s'opposent pas à la finalité surnaturelle). La science naturelle qui se cantonne aux résultats de sa méthode ne peut jamais s'opposer à une vérité surnaturelle. Ce n'est que lorsque le scientifique croît pouvoir tout connaître avec sa méthode pourtant limitée, et refuse tout autre mode de connaissance, qu'il s'aveugle et se ferme aux vérités surnaturelles.
Il y a donc des philosophies et des positions athées, que certains tentent de justifier de façon indue par leur appartenance au monde scientifique, qui sont incompatibles avec la foi d'un catholique.


Dans le cadre de notre nouveau dicastère (Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation) qui est une aide précieuse de notre Mère l'Église, une merveilleuse méditation de Noël nous attend sur Zenit avec la prédication de l'avent 2010 du Père Cantalamessa.
Elle peut nous redonner courage dans cette nuit du péché (où vient la lumière de l'enfant Dieu) et nous aider :
- à combattre le scientisme par le rappel incessant de la vérité de l'homme et de Dieu (partie 1 -
scientisme) ;
- à traquer dans nos vies toute dérive séculariste qui tend à nous faire oublier que la dimension éternelle de l'homme ne vient pas de sa nature, mais est bien une grâce qui doit donc rayonner par nous (partie 2 -
sécularisme ) ;
- à ne pas chercher à combattre le rationalisme, usurpation de la raison, avec ses propres armes, mais à
« souffrir Dieu » avec les mystiques (partie 3 -
rationalisme).


4. La création n'est pas terminée





Avec mes mots : La création continue


Dieu soutient sans cesse le monde dans l'être


Il n'y a pas apparition de l'univers (par un acte de création DANS LE TEMPS) puis maintien dans l'être par je ne sais quelle puissance intérieure. L'être du monde demande sans arrêt un soutien qui lui vient du Créateur. C'est donc une Création continue.

Le terme de création continue a été employé par le Magistère, mais ce n'est pas une formule habituelle.


« Affirmer que le fondement du cosmos et ses développements se trouvent dans la sagesse providentielle du Créateur ne veut pas dire que la création a uniquement à voir avec le commencement de l'histoire du monde et de la vie. Cela implique plutôt que le Créateur fonde ces développements et les soutient, les étaie et les maintient constamment. Thomas d'Aquin pensait que la notion de création doit transcender l'origine horizontale du déploiement d'événements, qu'est l'histoire, et par conséquent toutes nos manières purement naturalistes de penser et de parler de l'évolution du monde. Thomas observe que la création n'est ni un mouvement ni une mutation. C'est en revanche la relation fondatrice et continue qui lie la créature au Créateur, car il est la cause de tout être et de de tout devenir (cf. Summa theologiae, I, q. 45, a. » Discours de Benoït XVI aux participants à la séance plénière de l'Académie Pontificale des sciences, octobre 2008

«  Cette présence divine, qui assure la permanence et le développement de tout être, « est la continuation de l’action créatrice ».[note 51 - Thomas d’Aquin, Somme théologique I, q. 104, art. 1, ad 4.] L’Esprit de Dieu a rempli l’univers de potentialités qui permettent que, du sein même des choses, quelque chose de nouveau peut surgir : « La nature n’est rien d’autre que la connaissance d’un certain art, concrètement l’art divin inscrit dans les choses, et par lequel les choses elles-mêmes se meuvent vers une fin déterminée. Comme si l’artisan constructeur de navires pouvait accorder au bois de pouvoir se modifier de lui-même pour prendre la forme de navire ».[note 52 -Id., In octo libros Physicorum Aristotelis expositio, lib II, lectio 14. ]  » Laudato si - Pape François


Certes, il existe une différence entre l'acte créateur, avec apparition du temps lié au monde créé, et l'acte de soutien dans l'être. Habituellement il n'y a pas de séparation: un seul terme CRÉATION, désigne l'acte dans son début et son mouvement. Le terme de Providence (voir paragraphe suivant) n'étant pas lié à l'être, mais à la fin (le "souci" de Dieu pour ses créatures).

Il ne faut pas oublier que la création reste un MYSTÈRE.

Il ne manque pas de philosophes, Aristote en premier, je crois, pour avoir expliqué clairement la nécessité d'une cause première, qui soutienne en permanence dans l'être les êtres créés. Mais cette nécessité est bien souvent ignorée. Cette ignorance conduit alors à des incompréhensions concernant l'intervention de Dieu dans le monde.

L'univers actuel n'est pas sorti de la main de Dieu il y a 4,5 Ga, mais il évolue depuis 4,5 Ga dans la main de son Créateur qui ne cesse de le créer.

C'est aussi pour cela que le concept d'évolution, comme création continuée, est si facilement acceptable pour un croyant.

Encore une fois on en revient au TEMPS qui n'existe pas pour Dieu, mais qui est inséparable de la création.




« Dieu maintient et porte la création

CEC 301 Avec la création, Dieu n'abandonne pas sa créature à elle-même. Il ne lui donne pas seulement d'être et d'exister, il la maintient à chaque instant dans l'être, lui donne d'agir et la porte à son terme. Reconnaître cette dépendance complète par rapport au Créateur est une source de sagesse et de liberté, de joie et de confiance :

Oui, tu aimes tout ce qui existe, et tu n'as de dégoût pour rien de ce que tu as fait ; car si tu avais haï quelque chose, tu ne l'aurais pas formé. Et comment une chose aurait-elle subsisté, si tu ne l'avais voulue ? Ou comment ce que tu n'aurais pas appelé aurait-il été conservé ? Mais tu épargnes tout, parce que tout est à toi, Maître ami de la vie (Sg 11, 24-26).»




VS4 Dieu n'abandonne pas les créatures, mais veille sans arrêt sur elles : c'est la Providence de Dieu




La Providence divine est inséparable de l'acte créateur de Dieu: c'est le soin avec lequel Dieu veille sans arrêt sur ses créatures.

Les alliances de l'Ancien Testament, sans cesse rompues - par l'homme -, entre l'homme et Dieu, en sont l'expression ; jusqu'à la Nouvelle Alliance, dans le Christ, qui ne peut pas être brisée (voir ci-dessus).

L'homme de Foi se sait environné par l'amour de Dieu qui veille à sa fin de façon concrète, immédiate, personnelle. C'est une confiance filiale en un Père aimant, même si les voies de la Providence nous paraissent obscures. En toute chose ce qui compte c'est la volonté de Dieu.


CEC 302 « La création a sa bonté et sa perfection propres, mais elle n'est pas sortie tout achevée des mains du Créateur. Elle est créée dans un état de cheminement (" in statu viæ ") vers une perfection ultime encore à atteindre, à laquelle Dieu l'a destinée. Nous appelons divine providence les dispositions par lesquelles Dieu conduit sa création vers cette perfection:

Dieu garde et gouverne par sa providence tout ce qu'Il a créé, "atteignant avec force d'une extrémité à l'autre et disposant tout avec douceur" (Sg 8, 1). Car " toutes choses sont à nu et à découvert devant ses yeux " (He 4, 13), même celles que l'action libre des créatures produira (Cc. Vatican I : DS 3003).

CEC 303 Le témoignage de l'Écriture est unanime : la sollicitude de la divine providence est concrète et immédiate, elle prend soin de tout, des moindres petites choses jusqu'aux grands événements du monde et de l'histoire. Avec force, les livres saints affirment la souveraineté absolue de Dieu dans le cours des événements : " Notre Dieu, au ciel et sur la terre, tout ce qui lui plaît, Il le fait " (Ps 115, 3) ; et du Christ il est dit : " S'Il ouvre, nul ne fermera, et s'Il ferme, nul n'ouvrira " (Ap 3, 7) ; " Il y a beaucoup de pensées dans le cœur de l'homme, seul le dessein de Dieu se réalisera " (Pr 19, 21).

CEC 308 C'est une vérité inséparable de la foi en Dieu le Créateur : Dieu agit en tout agir de ses créatures. Il est la cause première qui opère dans et par les causes secondes : " Car c'est Dieu qui opère en nous à la fois le vouloir et l'opération même, au profit de ses bienveillants desseins " (Ph 2, 13 ; cf. 1 Co 12, 6). Loin de diminuer la dignité de la créature, cette vérité la rehausse. Tirée du néant par la puissance, la sagesse et la bonté de Dieu, elle ne peut rien si elle est coupée de son origine, car " la créature sans le Créateur s'évanouit " (GS 36, § 3) ; encore moins peut-elle atteindre sa fin ultime sans l'aide de la grâce (cf. Mt 19, 26 ; Jn 15, 5 ; Ph 4, 13).»


5. L'homme est la seule créature créée à l'image de Dieu et toute anthropologie qui refuse à l'homme une différence radicale avec le reste de la création ne peut que s'opposer à la Foi




5.1 - VS5 L'homme est la seule créature créée à l'image de Dieu






C'est l'origine de la dignité de l'homme. C'est une sorte de droit de naissance inaliénable, qui rend tous les hommes égaux en dignité et maîtres de toute la création.


Dans le Christ, cette création de l'homme comme image de Dieu prend une nouvelle dimension familiale puisque le Christ révèle son Père comme un père très aimant de tous les hommes qui sont alors frères dans le Christ. C'est la filiation divine de tout homme par le Christ. Nous sommes frères par et dans le Christ.


C'est sur cette dignité que repose l'exclamation si connue de Pascal :
L'homme dépasse infiniment l'homme*

*«[§] Connaissez donc, superbe, quel paradoxe vous êtes à vous-même. Humiliez vous, raison impuissance, taisez vous, nature imbécile ; apprenez que l'homme passe infiniment l'homme ; et entendez de votre Maître votre condition véritable que vous ignorez.». Pascal, Pensées, III, 1671


VS5bis Chaque homme est créé par Dieu


L'origine unique, personnelle, de chaque âme humaine en Dieu, est une vérité de Foi qui est au niveau transcendant et qui s'accommode fort bien de diverses théories de l'évolution qui se situent habituellement au niveau de la matière. D'une façon plus profonde, il n'y a pas d'incompatibilité entre le concept d'évolution et la Foi, tout au contraire (voir ci-dessus).


Pie XII, encyclique Humani generis, 1950
« ... la foi catholique nous ordonne de maintenir la création immédiate des âmes par Dieu...»


L'homme est à la fois un être matériel et spirituel. Nous appelons le principe matériel "corps" et le principe spirituel "âme". Dieu est l'auteur aussi bien du corps que de l'âme (Paul VI, Credo du peuple de Dieu, 8, 1968). L'âme n'est pas "produite" par les parents, mais créée de façon immédiate par Dieu et elle est immortelle. Le corps, même s'il demande le concours des parents, est aussi créé par Dieu. En cela les parents participent à l'acte créateur de Dieu. À la fin de l'histoire, les corps ressusciteront et seront à nouveau réunis à leur âme humaine qui est faite pour insuffler vie au corps (CEC 366).


Mais il ne manque pas de scientifiques (matérialistes par exemple et donc souvent athées) qui, dépassant les limites de leur science humaine, rejettent cette ouverture à la transcendance et nient ainsi la profonde dignité de l'homme (ou la placent dans une communauté d'origine matérielle....). C'est ainsi que parfois il existe des tensions entre des croyants et des scientifiques athées. Cette tension est maximale avec le scientisme (une prétention à ce que la science soit la seule source de connaissance).


CEC 362 « La personne humaine, créée à l'image de Dieu, est un être à la fois corporel et spirituel. Le récit biblique exprime cette réalité avec un langage symbolique, lorsqu'il affirme que " Dieu modela l'homme avec la glaise du sol ; il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l'homme devint un être vivant " (Gn 2, 7). L'homme tout entier est donc voulu par Dieu.»

CEC 363 «..." âme " signifie le principe spirituel en l'homme.»





5.2 - VS6 L'homme est une créature libre : la fin surnaturelle de l'homme c'est de faire la volonté de Dieu librement




La liberté humaine s'enracine dans notre création "à l'image de Dieu".


La liberté humaine ce n'est bien sûr pas de faire "ce que chacun veut, à tout instant", car on voit bien que l'on n'est pas libre de changer grand-chose dans nos penchants, nos habitudes, notre entourage, les événements extérieurs. Il ne faut pas confondre liberté et toute-puissance.


Mais il ne faut pas croire non plus que notre liberté serait une malfaçon, un manque, un défaut de notre fin surnaturelle qui est en Dieu, comme tout être créé. Comme toute créature nous sommes créés pour Dieu, notre volonté ne repose en paix qu'au sein de Dieu. Notre liberté est un don, une confiance de Dieu, qui veut aussi être aimé par des êtres libres. Mal utilisée, elle nous entraîne vers des fins misérables (des biens créés qui ne nous conviennent pas). Bien utilisée, elle nous élève au-dessus de la création avec les anges, qui ont été créés libres, eux aussi, mais qui, par contre, sont de purs esprits.


Il ne manque pas de positions anthropologiques ou philosophiques qui refusent à l'homme cette dignité ou cette liberté.

La lutte durera jusqu'à la fin des temps entre ceux qui veulent rabaisser l'homme au rang d'un animal (quelles que soient les capacités qu'ils lui donnent) et ceux qui mettent leur fin dans l'amour des autres pour l'amour de Dieu.

Quand on traite de l'évolution de l'homme, il peut être judicieux de donner quelques aperçus des positions anthropologiques des différentes philosophies ou religions pour éviter que les questions de Foi soient méprisées ou traitées de façon indigne par des enseignants ignorants ou maladroits.


« Et tamen laudare te vult homo, aliqua portio creaturæ tuæ. Tu excitas, ut laudare te delectet, quia fecisti nos ad te, et inquietum est cor nostrum, donec requiescat in te».
[Et cependant l'homme, cette part médiocre de votre création, veut vous louer. C'est vous qui le poussez à mettre sa joie à vous louer,
parce que vous nous avez créés pour vous, et que notre cœur est inquiet jusqu'à ce qu'il repose en vous] (Saint Augustin, Confessions, Livre I Ch 1).




Dans les cours de SVT, il n'est pas rare que des positions contraires à notre Foi soient prises et soutenues comme étant scientifiques alors qu'elles sont philosophiques, morales (en rapport avec la fin de l'homme), voire politiques. L'athéisme - se déclarer contre Dieu - ou l'agnosticisme - se déclarer comme ignorant face à l'existence de Dieu - ne sont pas des positions scientifiques mais morales. la science n'est pas athée ni agnostique, elle est connaissance par l'homme et pour l'homme. La science expérimentale ne peut qu'être muette sur Dieu.



Comme illustration de l'ouverture que la Foi donne au croyant, même dans son activité de recherche scientifique, voici le texte d'un ami, Robert Jullien, qui présente très clairement comment s'articule chez lui la Foi et les connaissances sur l'évolution des hominidés: L'apport de la Préhistoire à la compréhension de la Bible. Le cas exemplaire de l'homme de La Chapelle-aux-Saints. Cette façon personnelle de comprendre l'apparition de l'homme au sein de peuples préhumains (préadamites) est une réponse possible, mais n'est pas la seule.


Homélie de Benoït XVI pour la veillée de Pâques 2011:
http://www.vatican.va/holy_father/ benedict_xvi/homilies/ 2011/documents/ hf_ben-xvi_hom_20110423_ veglia-pasquale_fr.html



« Le cheminement sur les routes de la Sainte Ecriture commence, durant la Veillée Pascale, par le récit de la création. La liturgie veut nous dire par là que le récit de la création est aussi une prophétie. Il n'est pas une information sur le déroulement extérieur du devenir du cosmos et de l'homme. Les Pères de l'Eglise en étaient bien conscients. Ils n'ont pas compris ce récit comme une narration sur le déroulement des origines des choses, mais comme un renvoi à l'essentiel, au vrai principe et à la fin de notre être.
...
Comme croyants nous répondons par le récit de la création et avec Saint Jean: à l'origine, il y a la raison.
A l'origine il y a la liberté. C'est pourquoi être une personne humaine est une bonne chose. Il n'est pas exact que dans l'univers en expansion, à la fin, dans un petit coin quelconque du cosmos se forma aussi, par hasard, une certaine espèce d'être vivant, capable de raisonner et de tenter de trouver dans la création une raison ou de l'avoir en elle. Si l'homme était seulement un tel produit accidentel de l'évolution en quelque lieu à la marge de l'univers, alors sa vie serait privée de sens ou même un trouble de la nature. Non, au contraire: la raison est au commencement, la Raison créatrice, divine. Et puisqu'elle est Raison, elle a créé aussi la liberté; et puisqu'on peut faire de la liberté un usage indu, il existe aussi ce qui est contraire à la création. C'est pourquoi une épaisse ligne obscure s'étend, pour ainsi dire, à travers la structure de l'univers et à travers la nature de l'homme. Mais malgré cette contradiction, la création comme telle demeure bonne, la vie demeure bonne, parce qu'à l'origine il y a la Raison bonne, l'amour créateur de Dieu. C'est pourquoi le monde peut être sauvé.
...
La structure de la semaine est maintenant renversée. Elle n'est plus dirigée vers le septième jour, pour y participer au repos de Dieu. Elle commence par
le premier jour comme jour de la rencontre avec le Ressuscité.
...
Le premier jour de la semaine était le troisième jour après la mort de Jésus. C'était le jour où il s'était montré aux siens comme le Ressuscité. Cette rencontre, en effet, avait en soi quelque chose de bouleversant. Le monde était changé. Celui qui était mort vivait d'une vie qui n'était plus menacée d'aucune mort. Une nouvelle forme de vie, une nouvelle dimension de la création, avait été inaugurée. Le premier jour, selon le récit de la Genèse, est le jour où commence la création. À présent il était devenu d'une façon nouvelle le jour de la création, il était devenu
le jour de la nouvelle création. Nous célébrons le premier jour.
...
Nous célébrons le premier jour parce que nous savons que la ligne obscure qui traverse la création ne demeure pas pour toujours. Nous le célébrons, parce que nous savons que maintenant ce qui est dit à la fin du récit de la création est valable définitivement : «Dieu vit tout ce qu'il avait fait: c'était très bon» (Gn 1, 31). »



5.3 - VS7 L'homme a été créé pour travailler


Le travail est une vocation de l'homme (encyclique Caritas in veritate, 69 - et nombreuses autres occurrences du progrès et du développement intégral de l'homme comme vocation, c'est-à-dire appel de Dieu).


Il n'est pas rare que l'on associe le travail à un châtiment (conséquence du péché originel) alors que l'homme, au Paradis, a travaillé et travaillera. Le travail est inséparable de la vie et c'est pourquoi la formule "la vie est un travail" me paraît si juste et si profonde.


Gn 3, 17s « maudit soit le sol à cause de toi... à force de peines tu en tireras subsistance... à la sueur de ton visage tu mangeras ton pain...»


C'est la peine qui est associée au péché, mais pas le travail qui, lui, est directement associé à l'acte créateur de Dieu.

La peine est comme un aveuglement qui nous empêche de voir dans le travail la gloire de Dieu et la coopération à l'œuvre divine: ce n'est pas la douleur qui est le châtiment, c'est la parole maudite (male-dicere) qui en fait vient de nous, par le péché. En effet, ce n'est pas Dieu qui maudit, c'est nous qui maudissons le sol et la terre qui nous nourrit, c'est nous qui maudissons cette nature qui produit pour nous épines et chardons... Si, par la parole du Christ, nous bénissons (bene-dicere) ce travail, cette terre, ces animaux, ces plantes, nous éloignons le péché de notre bouche et sanctifions notre travail à l'image de Dieu.





5.4 - VS7bis L'homme a été créé pour travailler la création



Gn 2, 15 «Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde.»


L'homme est le maître de la création qu'il cultive (ancienne traduction liturgique), qu'il travaille (nouvelle traduction liturgique) et qu'il garde. Qu'il garde non pas contre un ennemi, mais qu'il conduit vers sa fin, qui est commune avec la sienne propre: la gloire de Dieu. L'image de Dieu en l'homme repose aussi sur cette orientation au travail. Dieu aussi travaille.


L'homme est appelé de par sa vocation à l'humanité à travailler à l'œuvre du Créateur en participant par son travail à la création.

Si l'homme, de par son pouvoir technologique va contre la création de Dieu (manipulations d'embryon, fécondation in vitro, gestation à but lucratif, assassinat d'embryons, congélation de la vie humaine....), il tente de façon dérisoire de s'opposer à Dieu, mais il pèche, vraiment, contre le travail de Dieu réalisé par amour. Il arrive à placer le péché au sein de son travail si proche du travail de vie de l'Esprit.

Pour réfléchir: L'exigence écologique chrétienne, Jean Bastaire


Il existe une écologie chrétienne qui est la forme raisonnable de cette orientation anthropologique à la garde de la création.
Ces dernières années on a vu se développer ce que Benoît XVI a appelé "une sorte d"écologie de l"homme" (Caritas in veritate, 51) reprise par des courants comme l'Écologie humaine en France, qui tend à refonder une anthropologie chrétienne.

Mais il y a aussi un autre signe des temps avec le développement d'un discours écologique de l'Eglise qui devrait apparaître encore plus clairement avec l'encyclique de François LAUDATO SI et la réorganisation du Saint Siège.



5.5 - VS8 L'homme et la femme sont créés l'un pour l'autre




La Foi nous apporte là encore des vérités que la raison ne trouve pas seule sur la nature de la femme et sur les rapports de l'homme et de la femme. L'homme est la femme ne sont pas créés incomplets, mais POUR une communion de personnes où les deux sont à la fois égaux, en tant que personnes, et complémentaires, corporellement.


À l'heure des attaques contre la famille (on dénigre l'amour fidèle, le mariage indissoluble en vue de la procréation...) et même contre la nature sexuée de l'homme (théorie du genre), nous tournons notre cœur vers Dieu, Créateur et Providence qui nous guide vers notre fin en Lui.

Je conseille le texte de la conférence du Père Raniero Cantalamessa, ofmcap, lors de la VIe Rencontre mondiale des Familles, le 14 janvier 2009 à Mexico : « Les relations et les valeurs familiales selon la Bible » sur Zenit.org



« Étant donné que la foi dans le Créateur est une partie essentielle du Credo chrétien, l'Église ne peut pas et ne doit pas se limiter à transmettre à ses fidèles uniquement le message du salut. Celle-ci a une responsabilité à l'égard de la création et doit faire valoir cette responsabilité également en public. Et en le faisant, elle ne doit pas seulement défendre la terre, l'eau et l'air comme des dons de la création appartenant à tous. Elle doit également protéger l'homme contre la destruction de lui-même. Il est nécessaire qu'il existe quelque chose comme une écologie de l'homme, entendue d'une juste manière. Il ne s'agit pas d'une métaphysique dépassée, si l'Église parle de la nature de l'être humain comme homme et femme et demande que cet ordre de la création soit respecté. Ici, il s'agit de fait de la foi dans le Créateur et de l'écoute du langage de la création, dont le mépris serait une autodestruction de l'homme et donc une destruction de l'œuvre de Dieu lui-même. Ce qui est souvent exprimé et entendu par le terme "gender", se résout en définitive dans l'auto-émancipation de l'homme par rapport à la création et au Créateur. L'homme veut se construire tout seul et décider toujours et exclusivement tout seul de ce qui le concerne. Mais de cette manière, il vit contre la vérité, il vit contre l'Esprit créateur. Les forêts tropicales méritent, en effet, notre protection, mais l'homme ne la mérite pas moins en tant que créature, dans laquelle est inscrit un message qui ne signifie pas la contradiction de notre liberté, mais sa condition. De grands théologiens de la Scolastique ont qualifié le mariage, c'est-à-dire le lien pour toute la vie entre un homme et une femme, de sacrement de la création, que le Créateur lui-même a institué et que le Christ - sans modifier le message de la création - a ensuite accueilli dans l'histoire du salut comme sacrement de la nouvelle alliance. Le témoignage en faveur de l'Esprit créateur présent dans la nature dans son ensemble et de manière particulière dans la nature de l'homme, créé à l'image de Dieu, fait partie de l'annonce que l'Église doit apporter. Il faudrait relire l'Encyclique Humanae vitae à partir de cette perspective:  l'intention du Pape Paul vi était de défendre l'amour contre la sexualité en tant que consommation, l'avenir contre la prétention exclusive du présent et la nature de l'homme contre sa manipulation.» Benoît XVI, Discours à la Curie Romaine à l'occasion de la rencontre traditionnelle pour les vœux de Noël, 22 décembre 2008.


Le récit biblique de la création est une narration poétique qui raconte ce que Dieu veut que nous sachions sur l'origine du monde

 

Les titres et commentaires ajoutés viennent principalement de Comprendre les Écritures, Un cours complet d'introduction à la Bible, Scott Hahn, Wilson & Lafleur, 2008


chapitre 2 (à partir du verset 4) du livre de la Genèse (dans ce récit, à partir du verset 4, Dieu est appelé Yahvé (ou Jéhovah dans les traductions primitives); l'emploi de Yahvé, relativement rare dans la Bible, suggère l'amour d'alliance de Dieu)


L'homme a été créé à l'image(4) de Dieu
04 Telle fut l’origine du ciel et de la terre lorsqu’ils furent créés. Lorsque le Seigneur Dieu fit la terre et le ciel,
05 aucun buisson n’était encore sur la terre, aucune herbe n’avait poussé, parce que le Seigneur Dieu n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre, et il n’y avait pas d’homme pour travailler le sol.
06 Mais une source montait de la terre et irriguait toute la surface du sol.
07 Alors le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol
(5) ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant.
08 Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden
(6), à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait modelé.
09 Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
10 Un fleuve sortait d’Éden pour irriguer le jardin ; puis il se divisait en quatre bras :
11 le premier s’appelle le Pishone, il contourne tout le pays de Havila où l’on trouve de l’or
12 – et l’or de ce pays est bon – ainsi que de l’ambre jaune et de la cornaline ;
13 le deuxième fleuve s’appelle le Guihone, il contourne tout le pays de Koush ;
14 le troisième fleuve s’appelle le Tigre, il coule à l’est d’Assour ; le quatrième fleuve est l’Euphrate.

L'homme a été créé pour travailler
15 Le Seigneur Dieu prit l’homme
(7) et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde.
16 Le Seigneur Dieu donna à l’homme cet ordre : « Tu peux manger les fruits de tous les arbres du jardin ;
17 mais l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. »
18 Le Seigneur Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. »
19 Avec de la terre, le Seigneur Dieu modela toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les amena vers l’homme pour voir quels noms il leur donnerait. C’étaient des êtres vivants, et l’homme donna un nom à chacun.
L'homme a été créé homme et femme (voir l'alliance maritale (3))
20 L’homme donna donc leurs noms à tous les animaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs. Mais il ne trouva aucune aide qui lui corresponde.
21 Alors le Seigneur Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux, et l’homme s’endormit. Le Seigneur Dieu prit une de ses côtes, puis il referma la chair à sa place.
22 Avec la côte qu’il avait prise à l’homme, il façonna une femme et il l’amena vers l’homme.
23 L’homme dit alors : « Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! On l’appellera femme – Ishsha –, elle qui fut tirée de l’homme – Ish. »
24 À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.
25 Tous les deux, l’homme et sa femme, étaient nus, et ils n’en éprouvaient aucune honte l’un devant l’autre.. "»

(4) voir ci-dessus (2)
L'homme a été créé à l'image de Dieu et à sa ressemblance:
- Dieu est notre Père,
- nous sommes comme Dieu (intelligence, volonté libre, capacité d'amour),
- la vie humaine est sacrée
- notre travail a une valeur spéciale (nous avons été créés pour travailler, à l'image de Dieu qui travaille ; l'homme travaillait dans le jardin d'Éden et l'homme travaillera au paradis.

(5) Le sol se dit "adamah" en hébreu d'où le nom d'Adam, premier homme.

(6) "Jardin" est traduit "paradis" dans la version grecque. Éden est un nom géographique.

 

(7) Le terme homme prend, comme en français, alternativement dans le récit, soit le sens générique d'humain (qui désigne alors à la fois l'homme et la femme) soit le sens sexué d'humain mâle.
Dans ce paragraphe c'est l'humain qui est signifié; dans le paragraphe suivant l'homme est différencié de la femme.
C'est à cause de ces deux phrases que certains parlent des "deux récits" de la création de l'homme. L'Église catholique a toujours interprété ces deux passages comme non pas séparés dans le TEMPS, mais dans le niveau de compréhension. Le première phrase
(7) décrit la finalité de l'homme ET de la femme. Il n'existe qu'une seule nature humaine.
Le second paragraphe explique la relation de communion entre personnes de l'homme et de la femme. Il n'y a pas création SUCCESSIVE (qui se succède dans le temps) de l'homme puis de la femme. La femme est semblable à l'homme. L'être humain est sexué. Chaque sexe est pleinement homme, mais les deux sont créés l'un pour l'autre.
Je conseille le texte de la conférence du Père Raniero Cantalamessa, ofmcap, lors de la VIe Rencontre mondiale des Familles, le 14 janvier 2009 à Mexico : « Les relations et les valeurs familiales selon la Bible » sur Zenit.org