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retour plan du cours, accueil, panorama |
Quelques
références: |
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Nouvelle version en travaux juillet 2009 les ouvrages de vulgarisation sur le cladisme n'ont pas suivi les développements rapides dans les laboratoires. Je livre ici ce qu'en tant qu'enseignant je m'efforce de comprendre. je serai honoré d'avoir d'autres ouvertures. |
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Plan
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1.
Le petit cladiste illustré:
comprendre comment passer
d'une classification d'objets à une classification
évolutive
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Avertissement: |
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On classe des objets logiquement sans se préoccuper de l'histoire |
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Un exemple de cladogramme simple avec deux objets à roues permettant de s'asseoir...
Ce qui compte c'est la distribution des caractères pour chaque branche ou groupe de branches (réunies au niveau d'un nud, représenté par un point noir)
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Les éléments de comparaison
qui sont choisis comme déterminants sont
encadrés. On les nomme caractères. On
voit bien dans le cas présent que ce cladogramme ne
représente pas une histoire mais juste une
comparaison; un cladogramme est un
«graphe connexe non cyclique» disent
des cladistes (Classification
phylogénétique du vivant, G. Lecointre et
H. Le Guyader, 2001, Belin, p
21). le nombre de roues
(et donc le point par
où passe le vecteur poids qui part du centre
de gravité et est dirigé vers le
centre de la terre) est
dérivé (logiquement et
non historiquement; voir par exemple
http://pages.
globetrotter.net/ groleau/ amq/ francais/
history.htm ) par
rapport à l'invention de la roue (?) et la
la position du pédalier horizontale ou
verticale est aussi
dérivée de la
présence d'un pédalier
(transmission d'une force
verticale en rotation) , que
celui-ci soit centré sur la roue ou
décalé grâce à
l'intervention d'un axe supplémentaire et
d'un moyen de transmission. On a donc choisi de
faire un clade avec les véhicules à
pédalier et roue(s) et selle (par exemple).
Tous ceux qui n'ont pas ces 3
éléments ne sont pas dans le clade
(outgroup). Le nombre de roues est ici
considéré comme une caractère
innovant, une synapomorphie (voir-ci-dessous) avec
2 valeurs: 1 ou 2 roues. On peut aussi choisir
comme caractère dérivé le
décentrage horizontal ou vertical du
pédalier par rapport à l'axe de la
roue et au sol. |
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Commentaire L'évolution comme
bricolage |
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Mais en ajoutant des objets et des caractères, tout se complique et le temps réapparaît comme par magie... toujours de façon erronée, mais le dépistage de l'erreur devient nettement plus difficile: |
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l'évolution se fait dans
l'ordre suivant (il s'agit d'un
ordre logique et non
historique); ces inventions
dérivant logiquement les unes
des autres (mais pouvant très bien
apparaître dans un ordre temporel
différent (ceci est
par exemple évident pour le nombre de roues
ou l'invention d'une toupie par rapport à
une meule ou un
cerceau....)): roue sans axe
et avec déplacement, roue avec axe fixe, axe
avec mouvement d'entraînement
décalé / avec axe centré, axe
et déplacement, point d'entraînement
très proche du centre ou
décentré, force mécanique
musculaire / thermique-électrique, 1-2-3-4
roues |
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groupe
polyphylétique = groupe
qui n'a pas d'ancêtre commun (qui contient au moins
une homoplasie) par
exemple, dans notre représentation, la toupie forme
un groupe polyphylétique avec la poulie et la meule
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phylogénie
cladiste = classification évolutive
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c'est pour cela que les classifications cladistes ne sont pas vraiment évolutives dans le sens où elles n'en apportent pas la preuve (au sens d'argument) mais elles illustrent une évolution qui est ailleurs. Les classifications vraiment évolutives sont des classifications qui prennent l'évolution comme causalité et cherchent à en préciser les modalités. Elles donnent un sens biologique à l'évolution: perfectionnement, diversification, complexification, sommation et mise en mémoire... que l'on y mette un vitalisme ou un matérialisme ou toute autre philosophie. Il y a une séduction trompeuse dans le travail de classification cladistique : au fur et à mesure que l'on accumule les caractères, en décidant progressivement de leur caractère primitif ou dérivé, on se forge une histoire, que l'on en vient progressivement à considérer comme l'histoire. On ne peut s'empêcher de placer le temps verticalement alors que dans la méthode il n'y a PAS de TEMPS. Il n'y a que des comparaisons. |
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ancêtre commun
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Cette notion cladiste de parenté réduite à l'ancêtre commun - introuvable - revient à nier toute relation à la fonction. En effet, une fonction se révèle toujours efficace, dès sa première apparition: le concept de roue a certainement commencé à exister mais pour une fonction précise à un moment donné. Ce concept a évolué depuis. Dans une classification naturelle on considère que la fonction est le point d'entrée dans l'histoire de l'évolution d'une structure, alors que cladisme nie cette relation, et remplace la notion de fonction (d'où dérive le terme d'homologie classique) par une notion relativiste d'homologie de filiation (voir ces mots ci-dessous). De la même façon - et sans quitter le sujet, car le cladisme compare souvent des séquences d'ADN qu'il qualifie de gènes - on pourrait dire qu'un gène n'a de sens que dans une cellule, à un instant donné de son histoire. La présence ou l'absence de la séquence d'ADN qui lui correspond sont insuffisants pour déduire autre chose qu'une possibilité de fonction: le gène est une unité fonctionnelle comme la génétique moderne ne cesse de le prouver (voir un des derniers commentaires en date sur la page d'accueil). Un même gène peut avoir plusieurs fonctions différentes dans divers environnements cellulaires. |
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homologie cladiste
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Deux structures homologues occupent une même position anatomique et ont une origine embryonnaire commune. Voir ancien cours de TS et nouveau cours de TS (en jachère), pour une discussion de ce concept. |
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2.1 Logique de la méthode pour
classer des êtres vivants selon l'évolution
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Les principes sur lesquelles repose la vérité de la classification évolutive cladiste du vivant Cette partie présente certains principes qui, je crois, sont acceptés par tous, d'autres, qui sont davantage sujet à discussion, et d'autres enfin qui sont des interprétations personnelles que j'essaie de préciser dans le paragraphe suivant. |
* Les êtres vivants ont une
unité profonde qui s'exprime au niveau de
leurs caractères qui se ressemblent (plus ou
moins).
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Ce principe est le fondement de toute classification. Il n'est contesté par personne. Ce qui donne l'unité aux êtres vivants c'est le phénomène vivant, la vie, quelle que soit l'approche (philosophique) que l'on en fait. Il est clair que les similitudes matérielles (comme les molécules) n'expriment qu'une très faible part de cette unité. |
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* Les espèces évoluent (se transforment au cours des temps géologiques), ce qui doit aussi s'exprimer au niveau des caractères (des individus qui appartiennent à ces espèces) dont la ressemblance peut résulter de l'évolution. Aucune théorie particulière n'est supposée, ce qui est la grande force du cladisme. |
L'évolution est utilisée pour dire si un caractère dérive logiquement d'un autre ou non. Si l'évolution est un phénomène qui touche l'espèce son expression au niveau d'un caractère d'un individu n'est qu'une hypothèse théorique NON EXPÉRIMENTALE. |
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Il est symptomatique que certains refusent le critère de ressemblance comme élément caractérisant les individus appartenant à une même espèce mais utilisent la ressemblance pour comparer phylogénétiquement des individus (voir espèce). |
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* La construction de cladogrammes repose
sur l'optimisation des relations logiques entre
caractères (et donc des relations
phylétiques
entre
individus).
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Optimiser c'est choisir le mieux (il y a une référence à un bien, donc à une finalité : il faut ordonner les possibles par rapport à une fin). Dans l'espace, pour aller d'un point à un autre, c'est le chemin le plus court (mais il faut se méfier de la représentation du temps comme un paramètre). |
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* Les relations phylétiques
mises en évidence entre les espèces ou les
individus grâce aux caractères sont
toujours relatives (aux choix du classificateur), ce
qui est une faiblesse.
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Ce sont des relations
logiques complexes de similitude. |
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* Le cladisme recèle une autre faiblesse: il ne tient pas compte d'une théorie de la variation. Le cladisme pourrait peut-être être complété en ce sens. |
En effet, le cladiste classe de façon optimale (vis-à-vis d'une relation logique évolutive de type filiation: B venant de A ou non) mais les mécanismes responsables de la variation lui échappent TOTALEMENT (il ne peut pas dire que A va évoluer en B ou C). C'est en quelquesorte une classification a posteriori puisqu'elle découle d'une filiation posée a priori. |
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analyse |
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Le cladisme relie logiquement des caractères. |
Je rappelle que l'évolution porte sur les espèces et non les individus et encore moins les caractères (voir Qu'est-ce que l'évolution ? et la fiche Nommer-classer) |
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1ère
étape: le choix
des caractères.
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La méthode de classification cladiste est fondamentalement une comparaison... |
Le choix du terme caractère renvoie ici à un élément classificatoire et non héréditaire. En fait il s'agit de ressemblances (ou de plus ou moins grandes différences concernant des éléments ressemblants donc d'analogie au sens large). Les caractères pourraient très bien être appelés ressemblances ou similitudes. |
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... entre caractères comparables, phylogénétiquement, c'est-à-dire homologues = portés par 2 individus ayant un ancêtre commun exclusif. On passe donc des caractères aux individus. |
Mais, pour le cladiste, tous les caractères ressemblants ne sont pas utilisables, il faut qu'ils traduisent des homologies "objectives". Les caractères choisis pour construire la phylogénie sont tous mis sur un plan d'égalité classificatoire. L'homologie de filiation (ou secondaire) est seule retenue comme objective et déterminante. Elle est définie par une relation logique dite de filiation (parenté exclusive) qui est une variante d'un principe d'unité des êtres vivants mais qui comporte une composante évolutive (phylogénétique), sans référence à une théorie particulière: deux caractères sont homologues s'ils sont portés par deux individus ayant une ancêtre commun exclusif (ce qui est déjà une expression du critère extra-groupe). Cette homologie NE pouvant être déduite des caractères eux-mêmes, elle est RELATIVE au choix des clades et s'énonce en fin d'opération classificatoire. Mais elle ne pourrait être affirmée si on ne disposait que d'un seul caractère. |
Homoplasies et homogénies sont des «concepts formalisés en 1870 par le zoologiste britannique Edwin Ray Lankester qui décomposa la notion d'homologie. Les homologies dues à la parenté sont appelées « homogénies » ; les autres, présentes chez diverses espèces sans pour autant avoir été héritées d'un ancêtre commun, sont appelées « homoplasies ». Depuis, on a restreint le sens de l'homologie à celui de l'homogénie, ce dernier terme tombant dans l'oubli.» Duris et Tassy (voir nommer-classer) |
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En fait, cette première
étape est précédée, en plus du
choix de l'individu (ou du groupe : ingroup) que l'on
cherche à classer, par: |
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Le clade regroupe des individus partageant des caractères homologues (et donc un ancêtre commun exclusif). |
Les individus regroupés par des caractères homologues forment un clade (nom masculin du grec klados = rameau): groupe monophylétique de référence. |
C'est ici qu'intervient une autre hypothèse qui ressemble toujours à la première mais qui est rarement énoncée: les caractères appartiennent à des êtres vivants et leur unité ou leur harmonie est l'expression de l'unité du vivant. Ainsi tous les caractères homologues choisis doivent permettre de construire UN arbre, qui est appelé l'arbre le plus parcimonieux en raison des hypothèses logiques qui seront présentées ensuite. |
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L'optimisation des relations logiques de l'arbre est une condition méthodologique qui prend deux orientations différentes selon la philosophie de son utilisateur: |
* pour la plupart des
gens cette optimisation signifie que l'évolution,
comme processus de filiation, est l'expression d'une
relation des parties (individus) au tout (l'ensemble des
êtres vivants ayant existé)
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* pour un réaliste, cette optimisation signifie que l'évolution comporte une finalité interne. |
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Elle est d'autant plus acceptable qu'elle est impersonnelle et calculable. Cette optimisation est sous-entendue comme une caractéristique du vivant dans tous les processus naturels habituellement décrits au moyen de l'outil mathématique. Le cladisme n'y échappe pas. |
Cette optimisation se rapporte à
l'évolution. On peut y voir une expression de la
sélection naturelle revisitée (ce n'est plus
un hasard mais bien une loi). On peut aussi davantage se
retrouver dans le terme de finalité ou
téléologie. Dans le cas où une
caractère choisi ne serait pas homologue au sein du
clade, on le verra apparaître dans deux clades
différents, ce qui est incompatible avec
l'hypothèse de départ (celle du clade ou celle
de l'homologie, au choix, car il s'agit en fait de la
même hypothèse). Les homoplasies, convergences,
réversions ... et autres appellations des
"non-homologies" sont ainsi dépistées.
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2ème
étape: La
polarisation des caractères
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Lors de la polarisation des caractères homologues le cladiste décide si le caractère est primitif (valeur 0), c'est-à-dire hérité sans modification au sein d'un clade (et nul part ailleurs), ou si le caractère est dérivé (valeur 1), c'est-à-dire hérité avec transformation une seule fois entre deux membres du clade (et nul part ailleurs). |
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Cette polarisation repose donc sur plusieurs hypothèses évolutives qui varient selon les caractères car ils sont soumis à deux critères: |
- le critère extra-groupe : |
- et le critère ontogénique : |
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il repose sur une hypothèse : plus un caractère apparaît tard dans le développement ontogénétique d'un organisme actuel, plus il est spécialisé et dérivé (apomorphe); plus il apparaît précocement, plus il est primitif (plésiomorphe). |
Remarque: |
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Remarque IMPORTANTE |
Il n'y a pas de
temps pour le cladiste.
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- le terme d'ancêtre ne désigne pas un fossile mais un concept (ce n'est pas un individu) qui regroupe un certain nombre de caractères. Quand on parle d'ancêtre "antérieur", il faut comprendre "plus éloigné en terme de similitude". Un ancêtre commun à deux groupes-frères est le point de rencontre logique le plus proche de tous les caractères propres à chaque groupe. Ce que le paléontologue interprète comme un indication bien sûr de l'emplacement du véritable ancêtre, historique, d'une lignée qui posséderaient les caractères portés par le clade. |
- les termes de primitif et
dérivé ne signifient pas une
succession temporelle. Seuls, les individus se
succèdent dans le temps (hypothèse
évolutive). Mais les caractères sont
hiérarchisés non pas dans une succession
temporelle (d'abord l'écaille puis la plume) mais
dans une succession logique (le caractère plume de
l'Archéoptéryx est éloigné
logiquement de l'écaille de la Tortue mais est proche
logiquement de l'écaille d'un reptile
thécodonte). Le vocabulaire cladiste exact
synapomorphie (partage de l'état apomorphe (du
grec apo = loin de et de morphos
= la forme), caractères éloignés) et
plésiomorphie (du grec
plésios = voisin et morphos = la forme,
caractères voisins) évacue cette idée
de temps avec justesse. Bien sûr, tout le monde va
dire que la succession logique exprime la succession
temporelle mais ce n'est pas exact. La succession logique
exprime la plus parcimonieuse parenté,
c'est-à-dire la phylogénie qui satisfait le
mieux aux hypothèses logiques choisies. Si
celles-ci ont une réalité, la
phylogénie cladiste s'approche alors du réel,
si elles ne sont qu'approchées, elle s'en
éloigne. C'est en cela aussi que le cladisme est
relativiste car il s'oppose à l'idée d'une
connaissance certaine, non relative, par exemple
historiquement définie.
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N'est-ce pas jouer sur les mots ? |
NON, le cladisme est utilisé par le paléontologue qui accepte les relations logiques de similitudes comme raisonnables et sûres. Mais le cladisme se garde de porter le rôle de faiseur de vérité historique. Il s'arrête à ce qui est raisonnable logiquement, avec ses postulats. Alors que le raisonnement historique est autre: l'histoire suppose que les événements ont une lieu une seule fois, d'une certaine manière, même si cette connaissance est difficile à atteindre, elle repose sur une certitude... historique. |
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Dans cette étape il y a un
basculement des caractères aux
individus. Chaque individu est
défini comme un ensemble de caractères et le
graphe relie les individus (et non plus les
caractères qui ont été choisis,
comparés et polarisés). |
3ème
étape :
calcul du graphe
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Il est hors de question de détailler ici les règles logiques utilisées pour la construction d'un cladogramme : règles de parcimonie, UPGMA... Je n'en ai pas la compétence, ni le goût. |
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Il semblerait, pour ce qui nous
intéresse, qu'elles reposent tous sur le même
principe
logique exposé plus haut
d'une optimisation du
graphe obtenu à partir des
caractères choisis.
Cette optimisation
est, encore une fois, selon la philosophie de l'utilisateur,
l'expression d'une relation logique de l'évolution ou
une finalité interne.
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Remarque : |
On en arrive à un point délicat, que je présente ici sous une forme non définitive. |
Je crois comprendre différemment maintenant les mots de Mme Chandebois. Ce qu'elle stigmatise ici est peut-être ce que j'ai compris (grâce au travail d'André Pichot) comme étant une confusion entre évolution (phylogénie, relation de parenté) et histoire. Une fois encore, il n'y a pas de temps pour le cladisme donc pas d'ordre temporel mais uniquement logique. Étant donnée la profondeur
de pensée de Mme Chandebois il est peu probable
qu'elle ai mal compris le cladisme. Sa remarque touche
à mon avis un problème de fond du cladisme qui
ne s'intéresse qu'aux relations de
similitude (le cladisme est sans
aucun doute une classification qui répartit en
classes d'équivalence des individus en fonction de
leur degré de similitude) et
qui ne suppose donc seulement qu'une théorie de la
similitude. Celle-ci est fournie d'une part par
l'unité du
vivant et d'autre part par
une théorie de
l'évolution. Mais cette
théorie évolutive nécessaire au
cladiste ne s'intéresse qu'à la parenté
et évacue le
second aspect de l'évolution qui est celui de la
variation. Certes, la filiation est
définie comme transformation dans le cas
d'apomorphie, mais celle-ci me paraît incapable de
décrire la spéciation. Car pour comparer en
termes de similitude il faut deux membres, or il n'y a rien,
dans la classification, au delà de l'espèce.
C'est pour cela que le cladisme échoue aussi pour les
premières étapes du vivant. Il ne peut
comparer l'hypothétique première cellule avec
des éléments non organisés et non
vivants. |
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R. Chandebois: «D'après les "arbres logiques" les embranchements auraient été créés d'abord. leur genèse achevée, celle des classes aurait commencé, puis celle des ordres aurait emboîté le pas, et ainsi de suite jusqu'à l'individualisation des espèces qui, pour cette raison, se trouvent toutes à la périphérie de l'arbre. (...) La filiation entre les embranchements, les classes, les ordres, n'a pu se faire autrement que par des espèces particulières. C'est sur ce point que la schématisation cladiste est défectueuse. Sur le dessin elle est fausse, dans le texte elle est ambiguë » (Pour en finir avec le darwinisme; une nouvelle logique du vivant, Éditions espace 34, 1993, p 111-112). |
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Un cladogramme n'est pas une phylogénie |
La difficulté est de comprendre la
liaison du graphe avec l'histoire
évolutive ou phylogénie au sens
strict que, comme paléontologue, nous souhaiterions
établir.
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Le cladogramme nous présente des individus, seuls réels, qui sont situés aux extrémités des branches (liens de similitude les plus forts) ou au voisinage des nuds (points de divergence ou plutôt convergence de groupes de similitudes) représentent des innovations qui peuvent permettre de nommer les clades qui en partent...; il n'y a pas de proportionnalité entre la distance entre deux individus et leur degré de parenté (proximité phylogénique) qui est seule représentée par les droites et les nuds. Même si certaines présentations scolaires , à mon avis confuses, s'efforcent d'ajouter cette dimension, que je crois savoir extérieure au cladisme. |
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Les arbres ne sont pas comparables entre eux |
Pour essayer d'y voir clair il faut bien
garder présent à l'esprit la valeur relative
de l'attribut évolutif affecté à chaque
caractère (primitif-évolué). Cette
valeur n'a de sens que dans une phylogénie
posée comme point de départ (provisoire). De
plus la valeur change pour un même caractère
selon les groupes-frères considérés.
Cette valeur relative à un arbre de chaque
caractère, fait que les arbres ne sont pas
comparables entre eux. Lorsque l'on construit un
cladogramme, celui-ci n'est qu'une
représentation
de l'hypothèse de départ
*,
illustrée par les fossiles étudiés, ou
plutôt par les caractères étudiés
dans les groupes étudiés. Un cladogramme
n'apporte AUCUNE PREUVE de la filiation entre des organismes
fossiles ; il n'est en est que
l'illustration.
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Par exemple comparez l'intérêt pédagogique des deux classifications des animaux très simplifiées données dans mon cours de seconde: une classification cladiste est à mon avis plus difficile à mémoriser et moins signifiante qu'une classification phylogénétique "embryologique" classique. |
Certes cette méthode présente l'avantage de rendre accessible à tous la classification; désormais, n'importe quel étudiant peut à l'aide d'un logiciel, et s'il dispose de la matrice actuellement acceptée par les sommités cladistes, réaliser une classification cladiste qui aura la même valeur que celle du plus grand spécialiste. Il y a cependant une double tromperie: |
* la matrice, seule à
refléter les hypothèses évolutives,
échappe à l'étudiant et donc c'est
toute idée de travail scientifique qui lui
échappe.
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2.2 Discussion |
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Les premières questions soulevées ci-dessous appartiennent à la première version de cette page. Je suis conscient qu'elles n'intéressent plus grand monde. Maintenant tous les biologistes utilisent les classifications cladistes et ne se posent plus de questions. Ils se sont appropriés l'outil et les emplois nouveaux que l'on en fait semblent plus intéressants (voir prochaine partie: recherche) que les questions que l'on peut se poser sur la fiabilité de l'outil. Cependant, je persiste à croire que les actuelles phylogénies ne sont ni fidèles au cladisme (qui est anhistorique) ni cohérentes avec la recherche d'une histoire du vivant (voir nommer-classer). |
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parti-pris
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Que l'on pardonne parfois des affirmations trop dogmatiques: je suis bien conscient, en tant que pédagogue, que la faute m'en revient à moi et non aux scientifiques, qui, d'ordinaire, n'érigent pas leur théorie en dogme. Comme le dit si justement G. Canguilhem
(dans la théorie
cellulaire) en se
référant au fixisme: «...pourquoi
l'historien des sciences présenterait-il Linné
comme le responsable d'une rigidité doctrinale qui
incombe à la pédagogie plus qu'à la
constitution de la théorie ? ». En
caricaturant certaines théories scientifiques, en les
dogmatisant, je sais que je ne leur rend pas justice.
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Mes critiques - basées sur mes sources, citées, scolaires pour certaines - ne visent peut-être que certaines idées qui ne reflètent pas tous les courants cladistes. Je serais ravi d'avoir d'autres ouvertures |
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naïveté
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Le cladisme, présenté
par ses actuels promoteurs, n'est pas qu'un outil
de présentation de
phylogénies. |
L'ambition (démesurée) des
cladistes est de fournir
LA
MÉTHODE (unique) de classification MODERNE et
ÉVOLUTIVE de TOUS les êtres
vivants. |
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commodité |
Les classifications cladistes ne sont pas les seules classifications qui tiennent compte des caractères moléculaires. |
Ceux-ci peuvent entrer dans TOUTES les
classifications, mais il faut pour cela expliciter des
hypothèses qui sont souvent implicites pour les
classifications cladistes. Par contre les comparaisons entre
molécules ont surtout été
réalisées avec l'outil cladiste qui a
été mis au point avec les données
obtenues par ces études moléculaires. Le
cladisme reste donc un outil tout à fait
adapté pour des études comparatives de
séquences.
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évolutionnisme |
Les classifications cladistes ne sont pas les seules classifications évolutives. |
Toute classification qui intègre
des données paléontologiques peut se dire
évolutive, mais elle ne l'est vraiment que si elle
repose sur une théorie évolutive. Le cladisme
en suppose une mais ne l'utilise que dans la polarisation de
ses caractères, elle est donc souvent
cachée. |
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Les classifications cladistes sont évolutives mais ne sont pas toutes darwiniennes... |
... dans le sens où le cladisme reposerait sur une théorie darwinienne de l'évolution car ce n'est qu'une méthode qui suppose une évolution , quelqu'en soit le déterminisme, s'il existe. Par sa représentation des
nuds correspondant à des innovations
biologiques et par son refus de la recherche
d'ancêtres, le cladisme pose au contraire des
difficultés à une interprétation
anagénétique darwinienne (voir ces mots dans
l'ancien cours
de terminale (§4b):
l'anagénèse, progressive et continue,
s'opposant à la cladogénèse,
discontinue ; cette distinction n'est d'ailleurs
peut-être pas aussi moribonde qu'on veut bien le dire,
même si l'évolution est maintenant surtout vue
comme buissonnante).
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relativisme ? |
Du point de vue philosophique, la
méthode cladistique qui nous est
présentée actuellement est
héritière du nominalisme et, à
mon avis, fréquemment adossée au
relativisme
philosophique, comme je vais
essayer de
l'établir.
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Contrairement à ce que certains
cladistes, philosophiquement matérialistes,
affirment, l'idée d'une classification naturelle,
naturellement ordonnée, n'est pas une idée du
passée, une folie d'essentialistes bornés,
mais le fondement de toute classification sensée. Et
cela n'empêche pas d'utiliser la cladistique comme une
méthode scientifiquement intéressante (de par
les liens qu'elle établit dans la communauté
scientifique). |
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L'ambiguïté est peut-être entretenue par les promoteurs-vulgarisateurs des classifications cladistes qui rejettent fortement l'essentialisme sans pour autant adhérer philosophiquement à un relativisme anti-réaliste. Leur position plus ou moins scientiste est venue ainsi ternir l'image d'une cladistique moins marquée philosophiquement par le relativisme, et qui reste, à mon avis, possible. (voir citation de R. Blanchette ci-contre) |
« De fait, incapables de sortir du dilemme que leur posent leur acceptation de la condamnation de l'essentialisme et leur hésitation à embrasser pleinement l'anti-réalisme épistémologique, les écoles [de classification] se contentent de proposer des approches de la prise de décision différentes en reportant leur attention sur la question de l'objectivité en science ». (thèse de Richard Blanchette, Le problème de la classification en zoologie, Université Laval (Québec), PhD, juin 2002) que l'on peut trouver in extenso au format PDF sur internet à l'adresse: http://www.theses.ulaval.ca /2002/20168/ 20168.pdf) Partie précédent la
citation ci-dessus, qui ouvre le débat sur les autres
classifications: |
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Remarques : |
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J'ai trouvé dans mes sources deux références au nominalisme: Bruno Chanet qui affirme que le principe de parcimonie est hérité de Guillaume d'Occam (Bruno Chanet, Biologie-Géologie n°3-1997, p 507) et Guillaume Lecointre et Hervé le Guyader qui dans leur introduction, affirment que «la plupart des phylogénéticiens ont, à l'égard du vivant, une attitude nominaliste qui fut celle de Darwin, aux antipodes de l'essentialisme» (Classification phylogénétique du vivant, Guillaume Lecointre et Hervé Le Guyader, Belin, 2001,p 18). |
Les auteurs de Classification phylogénétique du vivants considèrent que «croire que l'évolution a un but , a , pour corollaire, de croire que la nature intime des êtres, l'essence, d'un point de vue philosophique, précède l'existence » (p 17). Derrière cette phrase caricaturale je pense que les auteurs se réfèrent à Popper en utilisant le terme d'essentialisme: (Popper, Conjectures et Réfutations, chap. 3,3). Ce dernier utilise ce terme pour qualifier (par opposition à l'instrumentalisme et à la définition popperienne d'une démarche par conjecture et réfutation) que l'objet de la connaissance, même scientifique, est l'essence des choses, cachée derrière les apparences; Dans le cadre d'une acception popperienne, l'essentialisme a 3 conséquences que l'on peut résumer ainsi: toute science possède un objet fixe, il existe une vérité, sens et vérité sont synonymes. |
Cependant, l'acception popperienne du mot
essentialisme n'est pas l'acception première de
philosophie opposée à l'existentialisme
sartrien. Quoiqu'il existe aussi une utilisation plus
subtile, en logique, pour désigner une
assertion selon laquelle s'il y a des lois vraies
(logiquement), elles décrivent non seulement ce
qui est (en dehors de la façon dont nous les
percevons) mais aussi ce qui doit être
(propriétés nécessaires ou
essentielles); mais ces vérités
nécessaires ne sont pas connaissables a priori mais a
posteriori pour un essentialiste. La définition qui
en est donnée (l'essence précède
l'existence) ne vaut que dans un discours logique. On
pourrait dire que Platon est essentialiste, mais pas
Aristote, ni moins encore Saint Thomas. |
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Si le cladisme "pur" (anhistorique) est mort on peut identifier au moins deux prolongements (souvent mélangés) : le cladisme "statistique" et le cladisme "historique". |
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3.1 cladisme et statistiques |
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Le seul qui choisit c'est le chercheur... pas la machine
Comprendre et utiliser les statistiques dans les sciences de la vie, B. Falissard, Masson, 2005 Un livre qui pose de bonnes questions dans certains domaines (voir site auteur) mais presque sans mathématiques, ce qui en décevra certains |
Si les statistiques se retrouvent
à tous les niveaux de l'analyse cladistique, ce n'est
que récemment (au XXIème) qu'elles ont pris
une telle ampleur et il y a un risque d'erreur car rares
sont les biologistes à maîtriser l'outil aussi
bien qu'un spécialiste (mais est-ce souhaitable
?). |
* Le fait de faire tourner un programme qui "choisit" l'arbre optimal pour vous (il calcule celui qui possède les caractéristiques que VOUS avez choisies) n'est pas sans induire une certaine déconnexion entre le résultat (qui est toujours comparé avec ce qui était attendu) et l'ensemble des hypothèses (parfois bien cachées) nécessaires à l'obtention de celui-ci. |
* Les statistiques sont par contre employées avec de plus en plus de pertinence pour construire des caractères simples discontinus (morphologiques par exemple..., voir exemple) à partir de regroupements de plusieurs caractères complexes dont certains peuvent être continus, ou encore pour extrapoler des caractères manquants dans certains groupes... Cette fois ces méthodes statistiques de construction sont assez classiques et ne demandent pas un niveau de connaissance mathématiques trop élevé pour un naturaliste. |
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3.2 cladisme et
phylogénie
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cladisme et typologie |
Au sens premier les taxons des cladogrammes doivent être des individus et non des espèces, concept non expérimental. Ainsi chaque taxon se trouve ainsi réduit à être représenté par une somme de caractères. Ne pourrait-on voir ici une certaine résurgence de l'espèce typologique, tant décriée par certains ? |
évolution des caractères |
L'évolution touche les
espèces et non les individus. Encore moins les
caractères. Les caractères des
individus peuvent-ils être interprétés
phylogénétiquement ? |
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représenter le temps et même la vitesse d'évolution |
Dans la représentation cladistique
classique de l'évolution, les traits reliant les
taxons représentent une relation logique de
ressemblance (similitude) évaluée
statistiquement (caractères polarisés
identiques les plus nombreux...). La ressemblance se traduit
par une distance proportionnelle à cette ressemblance
sans qu'il soit possible d'invoquer un mécanisme de
changement brusque (de type catastrophique au sens de
René
Thom). Les phylogrammes moléculaires qui sous-tendent des mécanismes génétiques moléculaires évolutifs (mutations, duplications...) utilisent clairement le temps et proposent même la notion d'horloge moléculaire. Ces représentations ne peuvent clairement plus être considérées comme des cladogrammes, même si des analyses de type cladistique sont réalisées sur les séquences. |
L'utilisation de datations, avec des fossiles par exemple, conduit aussi à des phylogrammes qui ne sont plus en accord avec les principes des cladogrammes (rotation possible autour des nuds par exemple). |
Mais il existe d'autres représentations qui contiennent le temps à partir d'un vrai mécanisme historique évolutif, mais non limité aux molécules. C'est la voie proposée par André Pichot avec sa divergence évolutive mesurant une vitesse d'évolution. ![]() Histoire de la notion de vie, André Pichot |
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hérédité et évolution page spéciale à partir du travail d'André Pichot: Hérédité, reproduction et évolution |
Quels sont les liens entre l'hérédité, la reproduction, la descendance et l'évolution ? Depuis Weismann il existe une vraie confusion entre généalogie et phylogénie, entre hérédité et mémoire exprimée notamment chez Haeckel (avec les mots d'André Pichot : «... l'hérédité est supposée être une sorte de mémoire ayant gardé la trace de la phylogénèse et, en commandant le déroulement de l'ontogénèse, elle fait de celle-ci une récapitulation de la phylogénèse (voir aussi page annexe)». Il est très difficile de sortir de sa tête cette séparation entre le matériel génétique héréditaire (associé traditionnellement aux chromosomes mais que l'on tend à élargir aujourd'hui aux ARN, voire à certaines protéines...) et processus acquis (souvent nommés à tort épigénétiques) stockés on ne sait où... |
Quand à la reproduction elle a été bien trop longtemps enseignée comme un simple moyen de transmettre des chromosomes (quand ce ne sont pas les gènes...), ce qui occulte sa dimension proprement évolutive, du fait de son rattachement à l'espèce et non à l'individu. |
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En travaux |
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Plan: |
Remarques: La présentation d'un arbre phylogénétique (phylogenetic tree) relève donc de choix discutables (et discutés) mais cache parfois une erreur de compréhension de l'intérêt ou même des fondements du cladisme. Dans ce paragraphe je présenterais, au fur et à mesure, des cladogrammes-arbres pouvant être utiles.... |
http://tolweb.org/ : l'arbre de la vie... ou plutôt des arbres. Les arbres présentés mêlent à la fois les cladogrammes et le temps de façon plus ou moins claire. |
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Deux arbres qui sont en fait des cladogrammes (on est bien incapable de placer le temps de façon certaine, même si l'on pense que les eucaryotes devraient apparaître après les procaryotes.... mais cela aussi se discute...). Deux hypothèses sur l'origine des
Eucaryotes : les Archées
(bactéries
"archaïques") forment-elles
un clade ? |
Les Eubactéries
comprennent les bactéries au sens classique
d'où seraient dérivées les
mitochondries et les chloroplastes des cellules
eucaryotes.
Un très intéressant article
d'histoire des sciences par Jan Sapp
(en libre
accès) qui replace
historiquement la signification de la séparation
procaryotes-eucaryotes: |
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Pour naviguer dans ce cladogramme pédagogique de T. Mike Keesey de 1999 mis en forme par Jeff Poling (qui insiste bien sur son côté provisoire et non consensuel), allez à la page d'accueil plus cliquez sur les nuds rouges du cladogramme pour obtenir des parties détaillées des clades réunis au niveau des nuds. Les taxons "incertæ sedis"
(notés i.s.) sont des fossiles plus ou
moins fragmentaires inclassables. On
leur attribue parfois une classification propre
(parataxinomie) plus ou moins signifiante. |
Dinosauria Cladogram : http://www.dinosauria.com /dml/clado /ci.htm |
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González-José, R., Escapa, I., Neves, W.A., Cúneo, R., Pucciarelli, H.M. (2008). Cladistic analysis of continuous modularized traits provides phylogenetic signals in Homo evolution. Nature DOI: 10.1038/nature06891 (version gratuite en ligne accessible le 6/06/2009)
cours de 1ère l'évolution de l'homme |
Un autre exemple très
pédagogique (et attirant) bien que fort difficile est
celui de la lignée humaine. |
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Tableau
1 1. Aafa
(A.L.
444-2) (reconstruction)
Australopithecus afarensis ( „ 3.7 - 3.0 Ma)
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Le principal résultat est que le
genre Homo correspond à un clade (nud
8), c'est-à-dire un groupe monophylétique
(avec un ancêtre commun). C'est une des constantes des
résultats de la paléoanthropologie.
L'état ancestral des caractères pour le
nud 8 est représenté ci-dessus : on
observe une flexure de la base du crâne plus
prononcée, une face plus rétractée et
une augmentation de la rotondité
neurocrânienne. |
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Data acquisition and
geometric morphometrics. Cladistic
analysis. |
Acquisition des données et mesures
géo-morphométriques Analyse cladistique |
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(1) 'analyse
en composantes principales (ACP)
est une technique d'approximation qui consiste à
réduire un grand nombre de variables (sans condition
particulière sur celles-ci) à un ensemble de
variables indépendantes (les composantes principales)
calculées comme étant les variables qui
présentent la variance maximale. |
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En travaux |
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