Avertissements:
* cette page a pour but de poser les
questions BIOLOGIQUES
et d'y répondre
à l'aide de données BIBLIOGRAPHIQUES.
* j'y ai ajouté quelques données récentes sur la
TOFT(théorie
du champ d'organisation tissulaire) en 2006.
* si initialement, cette page, écrite en 2002, était
prétexte à réhabiliter le travail de Beljanski,
je m'étais bien gardé de donner des informations sur
les thérapies. J'ai fini, en 2007, par y ajouter une petite
remarque sur les traitements anti-cancéreux , même si
ces informations n'ont pas de
caractère
MÉDICAL.
La piste métabolique du cancer,
Pierre Kaldy, La Recherche, 407, avril 2007, 24
Remarque 2007: traiter le cancer
Petit à petit, du fait de l'omniprésence du paradigme molécularo-génétique, tout cancer s'est vu interprété comme un dérèglement génétique. Mais on voit poindre une autre théorie qui va de pair avec l'accumulation des écarts au paradigme dominant.
Le cancer (du latin cancer=crabe par allusion à une maladie qui ronge l'organisme ou à la forme de certaines tumeurs: une masse spongieuse d'où partent des ramifications telles les pattes d'un crustacé comme le décrit Galien: «Une tumeur qui s'étend des deux côtés par des prolongements anormaux qui envahissent les tissus adjacents. Cela ressemble aux pattes d'un crabe qui sont elles aussi présentes tout le long de la tête et du corps de l'animal») est une prolifération anormale de cellules chez un pluricellulaire formant ainsi des amas ou tumeurs (c'est la tumorisation ou tumorigénèse ou encore l'oncogénèse) qui se développent localement (on ne connaît donc que des tumeurs végétales et animales). La migration pour l'invasion souvent fatale d'autres tissus par des cellules issues de ces tumeurs (cancérisation proprement dite) n'existe que chez les animaux et l'homme. L'oncologie (du grec ontos=tumeur) qui est l'étude des tumeurs, reste cependant pratiquement l'équivalent du terme cancérologie. Cependant, si l'on s'intéresse à la partie biologique comme dans cette page, c'est l'oncogénèse et la phase d'invasion par les métastases (malignité) qui font notre sujet et non les différents aspects des maladies cancéreuses (épidémiologie, dépistage, clinique, thérapeutique...).
On pense depuis fort longtemps que l'origine du cancer est un défaut de communication d'une cellule avec les autres cellules qui l'entourent. Une cellule devient cancéreuse lorsqu'elle ne répond plus ou répond mal aux signaux qui contrôlent la prolifération cellulaire dans un organisme pluricellulaire. L'oncogénèse désigne le processus de précancérisation, c'est-à-dire de formation d'une tumeur. Du fait de la proximité des termes et du développement quasi exclusif de la recherche génétique en cancérologie, il est aisé de confondre ce mécanisme biologique avec les seules causes génétiques à cette tumorisation. De ce point de vue, strictement génétique, la tumorisation est rapportée à des gènes nommés oncogènes, mais ce gènes ne sont pas bien sûr la seule cause de l'oncogénèse. De la même manière ont été découvert des gènes viraux dits oncogènes, intervenant dans le processus de cancérisation. Ces gènes viraux ne sont pas non plus les seuls oncogènes.
Tous ces éléments sont basés sur une compréhension au niveau cellulaire, avec une hypothèse implicite qui est que si le cancer est une prolifération cellulaire anormale, l'état normal d'une cellule est la quiescence (ou l'absence de division).
De très nombreux éléments qui mettent tous en avant des interactions tissulaires, sont venus contredire la théorie classique - nommé SMT (somatic mutation theory) -. Une version améliorée de la SMT a vu le jour avec la considération des interactions tissulaires considérées comme des phénomènes épigénétiques. Mais il existe un fort courant qui propose une approche théorique radicalement différente (voir paragraphe suivant).
Boveri, en 1914 avait noté que les structures
nucléaires des cellules tumorales malignes diffèrent
très fréquemment de celles des cellules normales et
supposé qu'elles étaient la marque de modifications du
patrimoine héréditaires survenues dans une cellule au
sein d'un tissu et qu'elles étaient la cause des aberrations
de comportement des cellules malignes.
Les biologistes danois Ellerman et Bang (1908) ont montré que
la leucémie du poulet était transmissible par des
extraits cellulaires filtrés et peu après les travaux
de Peyton Rous conduisirent à l'identification du virus
sarcomatogène de Rous, premier virus à l'origine de
tumeurs cancéreuses. Depuis son ARN a été
séquencé et la transcriptase inverse dont il
possède le gène (pol) a été
identifiée. Cette enzyme lui permet d'être
intrégré au génome de la cellule
transformée sous forme d'une molécule d'ADN (provirus).
Un gène dit sarcomatogène (src), indispensable
au pouvoir tumorigène, a été identifié.
L'expression du gène src aboutit à la
production d'une protéine phosphorylée d'une masse de
60 kDa, la protéine pp60src, qui possède
une activité tyrosine protéine kinase. Ce gène
s'est finalement révelé être d'origine cellulaire
et non virale car, en 1976, Stéhelin, Varmus et Bishop
démontrèrent, grâce à des techniques
d'hybridation moléculaire entre ARN viral et ADN de cellules
de poulet non infecté, que le gène sarcomatogène
viral, appelé maintenant v-src, provient d'un
gène cellulaire, c-src, dont l'ARN a été
ajouté à l'ARN viral au cours de
précédents cycles de réplication. Ce gène
cellulaire, indispensable à la tumorisation due au virus, a
été qualifié d'oncogène. On pense
habituellement que la conversion du proto-oncogène
c-src en oncogène viral v-src est le
résultat d'une dérégulation de l'expression du
gène. En outre, au cours de la formation du virus
sarcomatogène de Rous, on observe des réarrangements et
mutations de la région codante de c-src.
Fort de cette expérience on a recherché, pour les virus
à l'origine de tumeurs, soit des oncogènes dans le
génome viral, soit des proto-oncogènes à
proximité du point d'insertion du provirus dans la cellule
transformée (par exemple le proto-oncogène c-myc
pour le virus de leucose aviaire). La chasse aux
proto-oncogènes a été fructueuse, on en
connaît une centaine, mais décevante: on y trouve des
molécules aussi variées que des facteurs de croissance,
des protéines possédant une activité enzymatique
tyrosine protéine kinase, des protéines à
activité GTPasique, ou des protéines nucléaires
à plus ou moins forte affinité pour l'ADN.
L'incompréhension a culminé avec ce qu'on appelé
les gènes suppresseurs de tumeurs ou
anti-oncogènes dont l'existence a été
postulée à la suite des expériences
d'hybridation cellulaire, car, dans le cas de fusion d'une cellule
non tumorigène avec une cellule tumorigène, la cellule
résultante est quasiment toujours non tumorigène.
Le rôle tumorigène des virus à ADN, comme
certains virus de papillomes humains (HPV), a été
beaucoup plus difficile à établir.
Finalement l'hypothèse de l'origine nucléaire des
cancers de Boveri a été reformulée dans les
années 1980 pour devenir l'hypothèse des mutations
somatiques comme origine des cancer (SMT somatic mutation
theory), plus ou moins dépendante des virus puisque
ceux-ci sont interprétés comme des agents
mutagènes. Plus de 150 mutations ont été
repérées dans les cellules cancéreuses. Ces
mutations, parfois héréditaires, sont donc
considérées comme la cause directe de l'apparition de
tumeur. Pour certains gènes, le cancer va jusqu'à
être considéré comme une maladie
génétique et l'on applique sans hésiter les
"lois" de Mendel à la transmission de cancers dits
héréditaires ou familiaux comme le
rétinoblastome.
Ces explications ne sont pas convaincantes. On est emmené dans une quête sans fin de gènes de prédisposition dont on ne connaît même pas la fonction, chez des organismes extrêmement différents les uns des autres, quand ce n'est pas la recherche de ces gènes dans des cultures de cellules non plus hybrides mais chimères (mélanges de plusieurs espèces).
La cancérisation touche le travail de relation entre
cellules d'un tissu différencié, elle touche aussi le
travail de reproduction dans l'aspect du renouvellement
cellulaire et de son contrôle. Il est évident à
tous qu'il existe plus qu'une simple comparaison entre les
mécanismes de contrôle de la
prolifération/renouvellement cellulaire et les
mécanismes de l'ontogénèse. On aurait
donc pu s'attendre à une théorie générale
de la cancérisation, au minimum organique (définie au
niveau des organes).
Mais, on a uniquement une théorie cyochimique et
cytogénétique. En effet, tout comme dans le cas de
l'embryogénèse, la piste génétique a
été aussi celle de prédilection dans les
études sur le cancer.
On en a peut-être aussi oublié que l'on travaillait sur
des cultures de cellules isolées, que les seules
paramètres de la tumorisation qui pouvaient être
dès lors étudiés étaient des
paramètres moléculaires car ils étaient les
seuls à être conservés. On s'est focalisé
encore une fois sur les gènes et l'on a peut-être un peu
perdu de vue l'ADN, molécule manipulée par une cellule,
devenue cancéreuse. Tout comme R. Chandebois le propose, avec
la progression autonome et le comportement individuel des cellules
(voir page sur le développement),
il existe au moins une piste exogène sérieuse et
documentée pour le cancer: celle des travaux de M.
Beljanski.
En reprenant les termes de Laurent Schwartz (dans Le cancer
résiste à la science, Laurent Schwartz, La
Recherche, 284, février 1996, p 54-60): «La guerre
contre le cancer n'est pas forcément perdue, mais les espoirs
nourris dans les années 1970 se sont
révélés en grande partie vains. [...]
Des progrès considérables ont certes été
effectués dans la compréhension des processus
cancéreux. mais ils ne permettent d'identifier aucun
gène qui soit propre à ce processus.
Toute protéine synthétisée dans une
tumeur peut l'être dans une cellule normale. Cette
absence de spécificité de la cellule cancéreuse
est un obstacle majeur tant à la chimiothérapie
qu'à l'immunothérapie et à la thérapie
génique. Un signe de l'échec parmi d'autres: les
compagnies pharmaceutiques ne tirent des anticancéreux que 2%
de leur chiffre d'affaire.» (personnellement
je trouve que cela fait déjà un beau pactole, ce qui
justifiera certaines prises de position dans la politique de
recherche contre le cancer). En tout cas ces phrases sont
claires et cela fait de nombreuses années que M. Beljanski
répond de façon statisfaisante, pour ce que je peux en
juger, à ces objections.
Ces approches n'ayant pas accès à la une des
médias, je ne les connais sans aucun doute pas toutes. Je
pense que je peux sans hésiter leur faire une place dans un
cours de biologie qui cherche à éveiller de jeunes
esprits en incitant fortement des futurs chercheurs à
travailler sur une bibliographie originale complète à
laquelle je n'ai pas accès. Les travaux de M. Beljanski
consistent en une approche du cancer qui prend en compte une
faculté commune à toutes les cellules
cancéreuses: celle de répliquer de façon
importante l'ADN. Elle a donné lieu à un test qui
mesure le degré de toxicité d'une substance chimique en
regard avec la stimulation par cette substance de la synthèse
de molécules d'ADN extraites de cellules cancéreuses et
non cancéreuses (voir oncotest
ci-dessous).
L'idée fondamentale peut être résumée par le schéma suivant:


Une illustration du principe de l'Oncotest
basé sur la déstabilisation de l'ADN des cellules
cancéreuses par rapport à celui des cellules
saines.
D'après "La santé confisquée", Monique et
Mirko Beljanski, EVI Liberty Corp., 1999, 4ème édition
augmentée, p 25
Dès 1970 l'utilisation de cultures cellulaires de cellules tumorales a permis des progrès rapides (voir plus bas dans cette page). Des lignées référencées de cellules tumorales animales et humaines sont ainsi à la disposition de certains groupes de recherche (publics ou privés) qui les conservent soigneusement.
In vitro les cellules tumorales peuvent se
distinguer des cellules normales par
- une moindre adhérence au substrat pouvant
s'accompagner de la capacité à
proliférer en suspension et former des colonies
sphériques dans un milieu partiellement
gélifié (par de l'agar),
- une morphologie moins aplatie
- la perte de l'inhibition de contact, ce qui permet
aux cellules tumorales de former de multiples couches de
cellules, même sur support solide
- une prolifération en présence de faibles
quantité des facteurs de croissance
présents dans le milieu (ce qui se met facilement
en évidence lors du repiquage des souches tumorales
car des souches normales ne se développent pas dans
les conditions de culture suffisantes pour des souches
tumorales)
- et une aptitude à former des tumeurs, lorsqu'on les
greffe à un organisme (des hyperplasies ou
excroissances comme les galles chez les
végétaux peuvent rapeller les tumeurs mais ne
peuvent se développer à le suite d'une greffe,
ce qui permet de les différencier des vraies tumeurs
qui peuvent toujours se greffer et proliférer chez
l'hôte). Pour éviter les rejets immunitaires de
greffes, on utilise dans l'étude des cancers chez la
souris, des souris nude, dépourvues de thymus,
qui acceptent mêmes les greffes de cellules
humaines.
Un élément important mais qui demande à
être vérifié est la polarisation
inverse de la membrane cellulaire, négative
extérieurement et positive intérieurement, ce
qui est l'inverse de la polarisation des cellules normales
de l'organisme. Cette polarisation inverse pourrait
expliquer la pénétration de certaines
molécules chargées positivement qui
normalement ne passent pas la membrane chargée
négativement.
Le premier stade de la maladie ou
précancérisation correspond à des
cellules qui se divisent et forment des tumeurs
bénignes car ne migrant pas dans d'autres parties de
l'organisme. Ces tumeurs peuvent être supprimées par
chirurgie ou par radiothérapie, une fois qu'elles sont en
phase clinique, c'est-à-dire suffisamment grosses pour
être détectables. Entre le début, silencieux, du
premier stade et le début du second peuvent s'écouler
des dizaines d'années.
Le deuxième stade est celui des métastases,
colonies de cellules cancéreuses invasives migrant par le sang
ou la lymphe vers d'autres organes et y formant des tumeurs
malignes. Le processus de transformation de cellule
bégnine en maligne est franchement inconnu même si des
pistes sont exploitées dans le domaine de l'adhérence
des cellules aux matrices extra-cellulaires et dans le domaine de la
résistance à l'apoptose qui, normalement, toute toute
cellule de tissu qui n'est plus ancrée à sa
matrice-support. On ignore aussi pourquoi certains tissus comme le
cartilage sont exempts de métastases. Seuls les vaisseaux
cérébraux sont touchés, le tissu nerveux
cérébral est aussi indemne. (voir La
dissémination des cellules cancéreuses, Erkki
Ruoslahti, Pour la Science, Dossier Hors-Série, avril 1998, p
106-109)
Les cancers sont responsables en France du quart des
décès (32% chez les hommes et 23% chez les femmes).
La prolifération tissulaire serait vue comme
l'état par défaut des cellules; cette théorie a
pris le nom de tissue organization field
theory of carcinogenesis and metastasis
(TOFT).
Site de diffusion des savoirs de l'ENS:
conférence A. Soto (université Tufts de Buenos Aires)
en anglais: http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=1088)
Le champ d'organisation tissulaire [27 février 2006
à 10h30]
Dans cette théorie, le niveau de compréhension
du cancer est celui du tissu et non plus des cellules. Le cancer
devient un problème d'organisation tissulaire proche de celui
de l'organogénèse.
Des expériences récentes réalisées
à partir d'hybridations tissulaires notamment de tissus
prostatiques, permettent de contrôler in vitro
l'apparition de phénotypes cancéreux et de les
transmettre à d'autres tissus
(http://endo.endojournals.org/cgi/reprint/146/1/13).
Voir par exemple Endocrinology Vol. 146, No. 1 11-12, 2005, Are
Times a' Changin' in Carcinogenesis? Carlos Sonnenschein and Ana
M. Soto (accessible gratuitement http://endo.endojournals.org/cgi/content/full/146/1/11
- voir bibliographie de cet auteur).
Un autre argument a été fourni récemment par
une gigantesque étude américaine (5 millions de
dollars) sur les cancers du sein et du colon. L'article original est
technique (The consensus coding sequences of human
breast and colorectal cancers, T. Sjoblom et al.,
Science. 2006 Oct 13;314(5797):268-74) et l'on
peut lire plus facilement la brève de La Recherche: Les
tumeurs du sein et du côlon séquencées,
Marie-Laure Moinet, La Recherche, nov 2006, 402, 22.
Le travail consistait à comparer la séquence de 13.023
gènes bien connus chez 11 malades atteints de cancers du sein
et 11 atteints de cancers du colon, à celle de ces mêmes
gènes chez des individus sains de référence
à partir duquel la base de séquence est construite.
En moyenne chaque malade présentait environ 90 gènes
"mutés" c'est-à-dire dont la séquence
différait de la séquence de référence de
façon importante. Mais ces gènes n'étaient
pas du tout identiques chez tous les malades. En éliminant
les gènes qui ne semblaient pas intervenir dans la
genèse des tissus cancéreux (!!!) les chercheurs ont
identifiés environ 11 gènes par patient qui
présentaient de nombreuses "mutations", soit 189 au total
qu'ils ont comparé par des méthodes informatiques.
La plus grande partie de ces gènes n'étaient pas
considérés comme génétiquement
altérés dans les tumeurs et sont supposés
intervenir dans une large gamme de fonctions cellulaires parmi
lesquelles la transcription, l'adhésion ou l'invasion
(The vast majority of these genes were not known
to be genetically altered in tumors and are predicted to affect a
wide range of cellular functions, including transcription, adhesion,
and invasion). L'idée de "gènes du cancer" a
pris un nouveau coup dans l'aile.
Une fois de plus, plutôt que de changer de théorie, les
chercheurs américains ont obtenu une rallonge de 100 millions
de dollars pour continuer le séquençage de ces
mêmes gènes pour les cancers du poumon, du cerveau et de
l'ovaire (in brève de La
Recherche).
Remarque 2007: traiter le
cancer
La compréhension du phénomène biologique
conditionne bien évidemment le traitement.
* La plupart des anticancéreux sont des antimitotiques
qui empêchent les divisions et donc la croissance des
tumeurs et la prolifération des métastases.
* Beljanski, qui s'est heurté à l'industrie
pharmaceutique, a developpé ses propres anticancéreux
(ARN courts et extraits naturels...) (voir le site du
CIRIS: http://www.beljanski.com/fran/accueil.html);
ils sont toujours commercalisés aux USA:
http://www.natural-source.com/fran/
* Une équipe canadienne en 2006 et 2007 (Université
d'Alberta, équipe de E. Michelakis) s'est attaqué au
métabolisme des cellules cancéreuses. En effet un bon
marqueur métabolique semble être la consommation
augmentée de glucose par les cellules
cancéreuses qui développent la voie
glycolytique. L'accumulation d'acide lactique, produit
de la phase terminale de la fermentation lactique qui peut suivre la
glycolyse (voir cours de TS
spécialité), en
augmentant l'acidité de la cellule, pourrait favoriser la
dégradation de la matrice extracellulaire et faciliter ainsi
la mobilité des cellules cancéreuses. Pour l'instant on
ne sait pas si l'augmentation de la voie glycolytique va de pair avec
une baisse de la respiration mitochondriale dans les tumeurs.
Les auteurs ont fait des essais thérapeutiques
concluants chez le rat avec le DCA (dichloroacétate), qui est
un modulateur métabolique qui a été
utilisé chez l'homme depuis des dizaines d'années dans
le traitement de l'acidose lactique et dans les maladies
métaboliques mitochondriales héréditaires. Le
DCA pourrait devenir un anticancéreux bon marché mais
de peu d'intérêt financier. L'équipe de E.
Michelankis s'est donc lancée seule contre l'industrie
pharmaceutique : http://www.depmed.ualberta.ca/dca/
et cherche 1,5 millions de dollars.
(brève en français:
La piste métabolique du cancer, Pierre
Kaldy, La Recherche, 407, avril 2007, 24
article principal en anglais (autres articles
dans Nature...) Bonnet S. et al, A Mitochondria-K+ Channel Axis Is
Suppressed in Cancer and Its Normalization Promotes Apoptosis and
Inhibits Cancer Growth, 2007, Cancer Cell, 11, 1,
37-51)
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Les cultures in vitro de cellules végétales
n'ont pas été aussi rapides que l'on pourrait le
croire. Haberland, dès 1902, s'efforça d'obtenir la
survie et la multiplication in vitro de cellules et tissus
(cellules de poils staminaux de Tradescantia , poils glanduleux
d'Ortie, épiderme de Fuchsia ...). La première
culture réussie a été celle d'un organe
et non celle d'un tissu, à l'inverse des cultures de cellules
animales. En effet la première culture racinaire
réussie (qui englobait le méristème) ne fut de
d'une durée de quelques vingt semaines vers 1922 (par
W. Kotte, en Allemagne, et par W. J. Robbins, aux
États-Unis). Ce n'est que dix ans plus tard que P. White
réussit à obtenir la première culture
indéfinie en cultivant des extrémités de
racines de tomates sur un milieu contenant des sels minéraux,
un sucre et de l'extrait de levure. Cette souche isolée par
White, et entretenue par repiquages, vit toujours actuellement.
C'est R. Gautheret qui réalisa les premières
cultures monocellulaires in vitro.
«En 1934, d'abord, il utilisa le tissu cambial de divers
arbres tels que saule, hêtre, peuplier, orme, etc. (Le cambium
est le méristème latéral qui assure la
croissance en épaisseur des tiges et des racines. Tout comme
celles des méristèmes apicaux, les cellules du cambium
conservent indéfiniment leur pouvoir de multiplication.)
Explantés à la surface de tampons de coton
imprégnés de solutions nutritives ou dans des milieux
gélosés, les fragments de cambium multiplient leurs
cellules d'une façon intense et anarchique, produisant des
mamelons parenchymateux indifférenciés qui peuvent se
développer ainsi pendant six à huit mois;
au-delà de cette période, les cultures
périclitent et meurent car elles ne supportent pas les
repiquages. Puis, en 1939, abandonnant le tissu cambial des arbres
pour les tissus de carotte, Gautheret réalisa des cultures sur
milieu additionné d'une solution oligo-dynamique (solution
contenant des traces de sels minéraux divers tels que cuivre,
manganèse, nickel, zinc); il réussit ainsi à
isoler une couche cellulaire qui se développe de façon
indéfinie, par repiquages périodiques, tout comme les
cellules animales» (in E.U. article "culture d'explants").
Cette même année, en 1939, P. Nobécourt, en
France, réalisait aussi la culture histiotypique de tissus de
carotte, et P. White, aux États-Unis, parvenait à
cultiver les tissus d'une tumeur produite spontanément par un
hybride de tabac. À l'heure actuelle, on parvient à
cultiver les tissus de presque toutes les espèces
végétales. Ces succès sont dus en grande partie
à l'emploi de l'auxine.
Les tissus tumoraux sont aussi qualifiés d'anergiés
(l'anergie est le nom donné par R. Gautheret aux
tissus de tabac, qui sous l'action de l'auxine, subissent une
transformation tumorale).
Le crown-gall (du nom de la protubérance
cancéreuse qui apparaissant au collet (crown) de la betterave
à la suite d'une blessure de la plante souillée par de
la terre) est une véritable cancérisation ou
tumorisation végétale. Elle
représente un modèle végétal pour le
cancer animal même si la cellule végétale est
tout de même assez différente de la cellule animale (la
paroi notamment qui à la fois limite certains échanges
et en induit d'autres par voie apoplasmique...) et les tissus
végétaux n'ont pas réellement la même
définition que les tissus animaux (du fait des communications
cytoplasmiques entre les cellules d'un même tissu, voir de deux
tissus adjacents par les plasmodesmes: c'est la voie
symplasmique...). On connaît plus de
140 espèces de plantes, Dicotylédones ou
Gymnospermes, sensibles au crown-gall. La cancérisation
nécessite un traumatisme, puis la pénétration
d'une bactérie, obligatoirement vivante, inductrice de
tumeurs: Agrobacterium tumefaciens. Les tumeurs induites
peuvent se repiquer ou se greffer sur d'autres plantes, même
entièrement stériles, ce qui permet de qualifier ces
tumeurs comme véritablement cancéreuses.
L'origine de l'induction repose sur plusieurs hypothèses, ne
s'excluant pas forcément:
* l'hypothèse virale: un bactériophage, associé
à la bactérie serait un virus "oncogène",
hypothèse très souvent avancée pour les cancers
animaux;
* l'hypothèse génétique: le génome de la
bactérie contiendrait un oncogène qui serait
libéré. Cette hypothèse a été
longement travaillée par M. Beljanski et ses collaborateurs.
Le pouvoir tumorigène de la bactérie est lié
à un ARN court tumorigène est expulsé et actif
en présence d'auxine qui déstabilise l'ADN de la
cellule végétale et le rend ainsi réceptif
à l'ARN tumorigène.
* l'hypothèse des facteurs de croissance tumorigènes
qui a été approfondie par Beljanski et son
équipe. On trouve dans les cultures de tissus aseptiques des
acides aminés (opines ou guanidines), l'octopine, la
nopaline et la lysopine qui n'existent pas en
quantité décelable dans les tissus sains. La nature de
ces produits dépend de la bactérie qui a
été à l'origine de la cancérisation.
Telle souche engendre des tumeurs à nopaline, telle autre des
tumeurs à octopine, et ces caractères se maintiennent
indéfiniment. Ces substances déstabilisent l'ADN de la
bactérie en présence d'auxine, tout comme ells
déstabilisent l'ADN des propres cellules
végétales tumorales par un effet de en retour. Plus une
cellule présente un ADN déstabilisé, plus elle
sécrète des substances déstabilisatrices qui ont
été nommées des
marqueurs cancéreux par
Beljanski. Ces marqueurs tumoraux induisent la séparation des
chaînes de l'ADN des cellules tumorales et des bactéries
tumorigènes sans avoir d'effet important sur les cellules
normales. Les marqueurs cancéreux trouvés dans les
cellules animales (AFP, ACE, calcitonine et ferritine) stimulent la
croissance des tumeurs de pois (Pisum sativum), de
chrysanthème (Datura stramonium), de tabac
(Nicotiana tabacum) et de vgne vierge (Parthenocissus
tricuspidata) in vivo, mais les opines n'agissent pas sur
les tissus cancéreux de mammifères ni sur les tumeurs
in vivo.
La kinétine, autre hormone végétale, dont
on avait noté le pouvoir antitumoral, possède la
propriété inverse de resserrer la chaîne
d'ADN.
Il existe deux autres types de cancérisation végétale: les tumeurs à virus et les tumeurs spontanées des hybrides.
retour plan de la page
La culture in vitro de cellules animales a
été un succès dès 1903. En suivant les
protocoles d'Haberland -qui étaient des échecs pour la
culture in vitro de cellules végétales- le
Français Justin Jolly réussit la culture des globules
rouges de triton (qui sont nucléés) pendant 15 jours
(ensuite, le rythme des divisions décroît pour s'annuler
au bout de quelques mois). En 1907, R. G. Harrison, en
Amérique, réalisa la différenciation, in
vitro , des ébauches des racines des nerfs rachidiens
d'embryons de Batraciens. Il démontra que les nerfs ont un
accroissement propre et s'allongent au fur et à mesure des
besoins. En 1912, Carrel obtient une culture stable par repiquage
périodique de fibroblastes de cur de poulet, grâce
à l'utilisation d'un milieu constitué de plasma auquel
il ajoute, sous forme d'extrait d'embryons, les substances de
croissance.
Il faut bien noter ici que ce sont des cellules qui se mutliplient et
recouvrent le milieu de culture d'un voile cellulaire. Mais elles ne
reforment un tissu (l'explant initial se désorganise et meurt)
avec la structure que ces cellules établieraient dans un
organe animal. Contrairement à l'appellation courante ce sont
des cultures de cellules (histiotypiques) et non des
cultures de tissus. Cette distinction est fondée sur le
pouvoir histologique d'une cellules qui repose sur son appartenance
à une lignée de cellules embryonnaires engagée
dans une progression autonome: cette histoire n'est pas reproductible
par un environnement artificiel (voir page sur
le développement).
Cependant la cultture de tissus et d'organes animaux (Étienne
Wolff et Katy Haffen, 1952) est possible pour de petits fragments
d'organes ou des organes embryonnaires (quelques millimètres)
si l'on limite l'apport des substances de croissance (pour
éviter la multiplication anarchique des cellules), si l'on
aère convenablement la culture (permettre une bonne
respiration cellulaire malgré l'absence d'irriguation
fonctionnelle), si l'on empêche les fuites de cellules en
dehors de l'organe en fournissant à la culture un substrat
inhibant le déplacement cellulaire comme le gel d'agar
(insuffisamment solide).
La culture la plus utilisée est celle de fibroblastes
embryonnaires (très belles prises de vue en
microcinématographie dans le nouveau document APBG: la
peau).« La mise en culture de cellules dérivées
d'embryons d'oiseaux ou de rongeurs se fait dans des milieux de
culture comportant 10% de sérum de veau ftal comme
source de facteurs de croissance, d'hormones et de protéines
qui permettent l'attachement des cellules à la surface du
récipient de culture. Les fibroblastes embryonnaires
considérés comme normaux adhèrent fortement au
récipient de culture et prolifèrent jusqu'à ce
qu'ils forment une seule couche de cellules recouvrant toute la
surface qui leur est offerte. Leur prolifération
s'arrête alors dans un état qu'on appelle inhibition de
contact. Pour obtenir une nouvelle population de fibroblastes
proliférants, il faut détacher les cellules du
récipient grâce à un traitement
ménagé par une enzyme protéolytique
appropriée (trypsine) et les réensemencer dans de
nouveaux récipients en nombre tel que les cellules qui vont
à nouveau s'attacher ne recouvrent pas la totalité du
flacon. Cette opération pourra être
répétée avec succès plusieurs fois.
Cependant, après un certain nombre de ces passages en culture,
on assiste à un phénomène appelé
crise, au cours duquel les fibroblastes perdent leur aptitude
à se multiplier et finalement meurent.» L'exposition
à certains agents (cancérogènes et viraux)
permet de continuer à repiquer une culture de façon
indéfinie mais cette transformation se fait avec des
modifications morphologiques de la souche (voir les
caractéristiques ci-dessus).
Les cultures indéfinies de cellules cancéreuses
sont utilisés dans le monde entier mais tout
patrticulièrement deux souches: la souche KB,
isolée par H. Eagle à partir d'un
épithélioma humain du plancher buccal, et la souche
Hela, isolée par G. O. Gey à partir d'un
cancer épidermoïde du col utérin. Leur
malignité demeure inchangée au cours des repiquages
successifs. Les conditions de culture organotypiques (pour organes)
ont été appliquées avec succès lorsque
l'on veut garder la structure des tissus cultivés: on peut
citer le cas des cultures de tumeurs cancéreuses par
Étienne et Émilienne Wolff : une métastase
hépatique d'une tumeur d'origine digestive (Z 200) et un
épithélioma muqueux du côlon descendant
(Z 516), qui prolifèrent d'une façon très
intense depuis 1962 et 1963.
Depuis Okada, en1962, on réalise des fusions cellulaires entre
cellules cancéreuses et cellules normales (technique
d'hybridation cellulaire ou technique des hybridomes) qui
produisent notamment des anticorps monoclonaux très
utilisés en recherche.
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Les purines (A,G)et pyrimidines (T,C, U) de l'ADN et de l'ARN sont des composés faiblement basiques (bases) mais fortement conjugées (la ou les doubles liaisons sont partagées par les différents atomes du cycle de la molécule aromatique). Cette conjugaison a pour conséquence que toutes ces bases absorbent la lumière dans l'U.V.. Les acides nucléiques sont caractérisés par une absorption maximale pour une longueur d'onde proche de 260 nm.
Chaque ribonucléotide (ou ribonucléoside) ou désoxyribonucléotide (ou désoxyribonucléoside) présente une spectre d'absorption de la lumière qui lui est propre. Dans les acides nucléiques ADN et ARN, les liaisons hydrogène entre bases entassées dans la structure du polymère ont pour effet de diminuer l'absorption de la lumière ultraviolette par rapport à une solution ayant la même concentration de nucléotides libres. C'est l'hypochromicité des acides nucléiques. Elle est supérieure pour l'ADN que pour l'ARN. La double chaîne de désoxyribonucléotides de l'ADN est associée par des liaisons hydrogène entre A et T (deux liaisons hydrogène) et C et G (trois liaisons hydrogène),

On peut aussi mesurer des différences d'absorption en
fonction de l'ouverture de la chaîne d'ADN. Une destruction
complète des liaisons hydrogène peut être
réalisée avec de la potasse (KOH à 0,1N) et les
deux chaînes de nucléotides se séparent au
maximum. On observe alors une hyperchromicité
(maximale) de 45 à 55% par rapport à la valeur normale
de la chromicité de l'ADN sous sa forme
ressérée. D'autres molécules sont capables de
déstabiliser l'ADN et d'ouvrir la chaîne. On peut
mesurer leur efficacité en chiffrant l'hyperchromicité
de l'ADN en présence de ces molécules.
De la même façon, certaine molécules
stabilisatrices ressèrent l'ADN est produisent une
hypochromicité.
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Jusqu'au début des années 70, le pouvoir cancérogène des substances est évalué à partir d'essais sur l'animal. Mais les extrapolations à l'homme sont très peu fiables.
Décrit par Bruce Ames en 1973, le test d'Ames reste très employé pour évaluer le pouvoir cancérigène d'une substance. Il est basé sur le taux de réversion (mutation permettant un retour à une capacité présente dans la souche sauvage) de souches de Salmonella typhimurinum , chacune ayant une mutation différente mais touchant toute la biosynthèse de l'histidine (souches auxotrophes vis-à-vis de l'histidine), un acide aminé habituellemnt non indispensable. Les bactéries ont aussi des modifications de leur paroi qui les rendent plus ou moins perméables aux substances analysées. Enfin, les bactéries sont défiscientes dans leur système de réparation de l'ADN par excision et possèdent des gènes plasmidiques favorisant un fort taux de mutation lors de la réparation de l'ADN. On cherche l'apparition de souches mutantes . Pour s'assurer que la réplication de l'ADN puisse se faire en présence du mutagène potentiel, les bactéries et la substance analysée sont mélangées dans de l'agar mou auquel on ajoute de faibles quantité d'histidine. Cet agar mou est ensuite étalé à la surface de boîtes d'agar réalisées avec un milieu minimum. Les boîtes sont incubées 2 à 3 jours à 37°C. Les cellules auxotrophes pour l'histidine pousseront quelques heures jusqu'à épuisement de l'histidine du milieu d'agar mou. Seules les révertants, ayant retrouvé la capacité à synthétiser de l'histidine, seront ensuite capables de se développer sur milieu minimum. Les colonies sont ensuite dénombrées et la valeur obtenue sera comparés à un témoin afin d'estimer le pouvoir mutagène relatif de la substance vis-à-vis de ces souches auxotrophes pour l'histidine. En plus de la substance à tester un extrait de foie de mammifère (fraction microsomale) est souvent ajouté à l'agar mou avant étalement. Cet extrait enzymatique convertirait les substances cancérogènes en dérivés électrophiles, plus susceptibles de réagir directement avec l'ADN, système absent chez les bactéries mais présent chez les mammifères. Ainsi de nombreux agents cancérogènes comme les aflatoxines ne deviennent actifs dans ce test qu'en présence de cet extrait de foie. On considère alors que la comparaison du test avec et sans extrait permet de distinguer les substances nécessitant une indiction.

Les critiques majeures concernant ce test concernent:
- son inefficacité pour environ 20% des substances
cancérogènes, d'après ce que l'on évalue
par d'autres tests (ce chiffre a été avancé par
Ames lui-même), qui n'ont pas d'effet mutagène sur ces
souches bactériennes auxotrophes à l'histidine,
- sa limitation à de l'ADN bactérien, in vivo, ce qui
impose des facteurs non contrôlables de
pénétration des mutagènes à travers la
paroi et leur non inactivation par le métabolisme
bactérien,
- enfin le postulat sur lequel repose la méthode qui est que
la cancérisation est une mutation de l'ADN, ce qui n'est pas
prouvé. La mutation reverse des auxotrophes de l'histidine,
n'étant par ailleurs qu'une mutation, fréquente, mais
pas non plus aussi universelle qu'elle puisse servir de marqueur
absolu du pouvoir mutagène.
M. Beljanski a mis au point vers 1976 (publié en 1978: M.
Beljanski, Oncotest : A DNA assay system for the screening of
carcinogenic substances, IRCS Medical Science, 1979, 7, p 476) un
test qui n'a pas ces inconvénients et qu'il a apellé
l'Oncotest. En voici les caractéristiques
(Beljanski, un novateur en biomédecine; concepts,
théories, applications; C.-G. NORDAU et M.S. BELJANSKI,
éd. EVI Liberty Corp, 2001, p 36-39):
- il est basé sur le postulat radicalement différent de
celui sur lequel repose le test d'Ames: les substances
cancérigènes cancérigènes stimulent
fortement la réplication de l'ADN cancéreux
alors qu'elle stimulent très faiblement la réplication
de l'ADN des cellules non cancéreuses;
- il opère in vitro sur des ADN purifiés
d'origine humaine (biopsies et prélèvements
peropératoires) d'organes sains (poumon, sein, ovaire,
cerveau) et d'organes cancéreux correspondants sont
incubés dans des conditions identiques. Le test fonctionne
aussi avec les ADN des souches bactériennes auxotrophes du
test de Ames. Le milieu contient un
désoxyribonucléotide-5'-triphosphate marqué
à la thymidine tritiée (dont l'incorporation à
l'ADN nouvellement synthétisé permet de suivre
l'intensité de la réplication), et une ADN
polymérase ADN dépendante extraite d'E. coli qui
utilise l'ADN humain fourni comme matrice.
- il teste non les potentialités de mutagénèse
d'un ADN bactérien instable (test d'Ames) mais l'action d'une
substance sur la replication de l'ADN de cellules humaines, saines et
cancéreuses: les produits cancérigènes ayant
toujours une action stimulante sur la replication de l'ADN des
cellules cancéreuses et non sur celui des cellules saines. La
sensibilité de l'oncotest est excellente et détecte un
centième de microgramme d'aflatoxine B1, dangereux
cancérogène pouvant provoquer des cancers du foie.
Presque toutes les molécules anticancéreuses
utilisées en chimiothérapie sont à forte dose de
puissants cancérogènes, ce que le test d'Ames indiquait
déjà pour de nombreux produits. Les hormones
stéroïdes, qui ne donnent pas de réponse au test
d'Ames, peuvent, à des doses supérieures aux doses
physiologiques, se comporter comme des cancérogènes,
spécifiques de leurs tissus cibles (seins et ovaires). Mais
l'oncotest peut aussi chiffrer la toxicité de substances, non
cancéreuses, sur la replication de l'ADN. Dans ce cas la
toxicité est pratiquement la même aussi bien pour l'ADN
issu des cellules cancéreuses que celui issu des cellules
saines: l'action de l'ADN polymérase est inhibée et la
réplication est stoppée. certaines substances, comme la
saccharine pure et le cholestérol sont neutres
vis-à-vis de l'oncotest.
- l'oncotest peut être utilisé en recherche pour la mise
au point d'anticancéreux spécifiques.
- dans certains cas, l'oncotest a donné des réponses
positives pour des substances considérées comme
dépourvues de potentialités cancérogènes,
ce qui a conduit à détecter des impuretés, en
quantité infimes mais dangereuses, dans les extraits.

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